Pour sa toute première édition, le mercredi 7 octobre 2026, « 4 sou Tab », l’émission politique de MagHaïti, a reçu Sonet Jean Noël, coordonnateur général de VIREHA (Vision intégrale pour la reconstruction haïtienne). L’émission l’a présenté comme titulaire d’un doctorat honoris causa en leadership et gouvernance publique, reçu en avril 2026. Le dirigeant centriste a présenté son parti, sa vision d’une nouvelle classe politique et ses réserves sur le processus électoral.
VIREHA est un parti qui se présente comme non « électoraliste ».
Fondé le 29 juillet 2014 à Morne-Hercule (Pétion-Ville), VIREHA revendique douze ans d’existence sans avoir jamais pris part à une élection. Son leader refuse l’étiquette de parti « électoraliste », qui n’existerait que le temps d’un scrutin. VIREHA prépare, dit-il, la « seconde indépendance » d’Haïti, économique et sociale. Faute de partis partageant son idéologie, il n’a pas pu former de regroupement de dix partis. Il appelle à voter pour le numéro 5, sous un emblème en forme de réveil qui marque, selon lui, l’heure de cette seconde indépendance.
Les jeunes au cœur du projet
Le programme repose sur quatre piliers : les jeunes, les femmes, les paysans et la diaspora. Selon lui, les jeunes représentent 65 % de la population. Il défend une « génération stratégique » alliant la force des jeunes et la sagesse des aînés. Le parti dit former des jeunes à la photographie numérique et vise 2 000 bénéficiaires. Pour illustrer l’isolement des campagnes, il raconte une marche de neuf heures lors de laquelle il a traversé la même rivière 52 fois.
Rompre avec l’ancienne classe politique
Pour Sonet Jean Noël, les dirigeants qui se sont succédé de 1986 à 2026 portent la responsabilité de la situation actuelle. Ce « système du statu quo » aurait utilisé la division et la corruption pour briser l’unité qui avait permis l’indépendance. Comparant la politique au football, il estime qu’on ne met pas Messi dans les buts : chacun doit être à sa place.
Il prône toutefois l’inclusion : la bourgeoisie et le secteur privé ont leur place, et la justice doit s’appliquer à tous, petits comme gros. Être nationaliste, insiste-t-il, ne signifie pas rejeter les États-Unis, le Canada ou la France, mais redéfinir les relations d’Haïti et mieux négocier. Il doute de l’efficacité des forces multinationales et appelle à une « révolution technique douce ».
Ses propositions
Il dénonce 4,2 milliards de dollars dilapidés selon lui. D’après ses calculs, un demi-milliard aurait suffi à construire des campus universitaires dans chaque département, à raison de 50 millions de dollars chacun. Il plaide pour une armée professionnelle, alors que le pays voisin compte selon lui 100 000 soldats. Il veut aussi une présence policière dans chaque section communale, appuyée par un service de renseignement. La justice, l’agriculture, la santé, l’éducation et le tourisme complètent ses priorités. VIREHA présentera des candidats à tous les niveaux et invite les partis qui partagent son idéologie à le rejoindre.
Élections : la sécurité d’abord
Sonet Jean Noël doute que le scrutin du 13 décembre puisse se tenir : sans sécurité, la population ne peut ni circuler ni voter. Il juge le décret électoral, déjà révisé trois fois, taillé pour l’ancienne classe politique.
Il s’inquiète aussi de l’inscription des électeurs. Le CEP comptait 628 755 inscrits au 21 septembre, alors qu’il en faudrait selon lui au moins 3,5 millions, sur quelque 6 millions de personnes en âge de voter. Une grande quantité de paysans n’ont pas les moyens de payer une moto pour rejoindre un bureau d’inscription. La majorité de la population risque donc d’être exclue.
Sur l’insécurité, il estime que l’État lui-même est le « laboratoire » qui produit les gangs. Il prône le dialogue national, sans renoncer à la justice.
Malgré ses réserves, il appelle les jeunes à s’inscrire et à voter. Citant Aristote, il rappelle que la nature a horreur du vide : si les honnêtes personnes ne prennent pas leur place, les malhonnêtes le feront. Fidèle à son slogan « Nap rekòmanse », il conclut qu’il faut un nouveau départ, avec les bonnes personnes aux bonnes places.
« 4 sou Tab » est diffusé chaque mercredi à 18 h sur les plateformes de MagHaïti.
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