Dans les premières heures de la journée (entre 6 heures et 7 heures du matin), contrairement aux jours ordinaires, la circulation des véhicules de transport public a débuté au ralenti dans les rues de la capitale et dans certaines communes limitrophes notamment Delmas et Pétion-Ville.
Toujours dans la capitale, peu de véhicules ont été remarqués dans les zones susmentionnées. En conséquence, les écoliers, ouvriers, employés ont dû se rendre à pied à leurs activités respectives.
A en croire le président de l’Association des Propriétaires et chauffeurs d’Haïti (APCH), Changeu Méhu, « les chauffeurs de transport en commun de l’aire métropolitaine ont lancé cette grève pour protester contre : l’insécurité, la vie chère, l’envahissement du marché haïtien par les chauffeurs dominicains retrouvés dans toutes les sphères du transport dans le pays ».
Ce mouvement vise principalement à protester contre la décision de la Direction générale des impôts (DGI), qui exige un versement exorbitant pour la patente prétextant d’appliquer la loi du 10 juin 1996. Le syndicaliste exige aussi la révocation du secrétaire d’État au transport public, Philippe Cinéaste qui, selon le coordonateur du secteur des transports terrestres haïtien(STH) ne prend pas en considération les désidératas des transporteurs Haïtiens. « Ils sont oubliés, traités en parents pauvres », a-t-il dénoncé.
Les avis semblent partagés sur le mot d’ordre de grève lancé par les syndicats de transport en commun. Pour le président de la Fédération des transporteurs publics haïtiens (FTPH), M. Rétes Réjouir, ce mouvement de grève viole certains principes de base, voilà pourquoi nous ne l’appuyons pas. Car, les protestataires n’ont même pas pris le soin de rencontrer les dirigeants en vue d’entamer d’un mouvement concerté, a indiqué Rétes Réjouir. Après avoir épuisé toutes les voies pacifiques, s’ils refusent de négocier, on pourrait alors enclencher un mouvement de grève, a poursuivi le représentant du FTPH.
Par ailleurs, certains chauffeurs assurant le transport en commun dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, interrogés sur la non-observation de la journée de grève lancée par les syndicalistes, répondent qu’ils n’ont pas été informés à temps. Cette grève concerne speciquement les propriétaires. De plus, « les syndicalistes échangent souvent nos revendications contre quelques dollars américains à nos dépens», ont-ils confié au journal. Toutefois, les protestataires exigeaient les responsables de revenir sur cette décision et dénonçaient, du même coup, le manque de service fourni aux citoyens, en dépit du paiement de nombreuses taxes perçues la DGI.
Par cet arrêt de travail, les chauffeurs et propriétaires entendent dénoncer aussi le climat d’in- sécurité qui bat son plein dans le pays ces derniers mois. Les chauffeurs grévistes affirment qu’ils entendent passer à d’autres étapes si leurs revendications ne sont pas satisfaites.
Enel Fleurantin @presslakay

