Absent depuis un mois, Roger Federer est de retour à Shanghai. De sa saison décevante à son ambition pour 2014 en passant par Nadal, il s’est livré lundi.
2013, année noire : pas une surprise
Même si elle n’est pas finie, Roger Federer sait déjà que cette saison 2013 restera comme la moins prolifique pour lui depuis plus de 10 ans. Mais visiblement, il s’y attendait.
J’ai toujours su qu’après une année 2012 très riche et très dure, avec les Jeux Olympiques en plus, cette saison serait un peu plus calme. Je m’attendais à connaitre moins de succès.
Plus calme, c’est un euphémisme en termes de résultats. Pour la première fois depuis 2002, Federer n’a pas gagné le moindre titre du Grand Chelem. Il n’a même disputé qu’une seule demi-finale, et a vu sa série de 36 quarts de finale prendre fin à Wimbledon. Un seul titre à son actif (Halle) et une chute jusqu’à la septième place mondiale. Mais il n’est pas abattu pour autant. “Les deux derniers mois ont été un peu durs à vivre”, a-t-il néanmoins concédé.

La fin de saison: Optimisme et volontarisme
Il reste un gros mois à Roger Federer pour sauver sa saison et lui donner un peu plus de relief. Cela passe par une qualification pour le Masters, pas encore assurée à ce stade.
L’objectif, ça a toujours été de se qualifier pour le Masters. C’est le top du top et je veux absolument en être. C’est une motivation pour moi de jouer ce tournoi.
Un Masters sans Roger Federer, cela semble presque inimaginable. Le Suisse est le maître absolu de ce tournoi, qu’il a remporté à six reprises. Mais à ce jour, il occupe la 7e place sur l’année 2013 et il aura besoin de valider sa qualification à l’automne, du jamais vu pour lui. Cela passe donc par une grosse série de résultats à Shanghai, Bâle et sans doute Bercy, où il ne devrait pas pouvoir se permettre de faire l’impasse. Il se veut optimiste. “Je sens que mon meilleur tennis est en train de revenir et c’est le plus important, a-t-il assuré à Shanghai lundi. Maintenant, il faut rester positif et travailler dur. C’est mon état d’esprit.” La dernière fois que Federer s’était présenté devant les medias, c’était quelques minutes après sa défaite en huitièmes de finale contre Robredo à Flushing. “C’est nul, avait-il soufflé, abattu. Cinq semaines plus tard, il est autrement plus combatif. Et optimiste. “Il faut tourner la page et avancer“, dit-il à ce sujet.

Saison 2014: Opération reconquête
A 32 ans passés, qui imagine que Federer puisse redevenir un joueur dominateur, remporter des tournois du Grand Chelem et flirter avec la première place mondiale ? Une personne au moins. Lui.
Mon sentiment aujourd’hui, c’est que 2014 sera une grande année. Je suis déjà tourné vers 2014.
C’est ce qui s’appelle afficher une ambition. Que Federer dise ça après ce qu’il a traversé ces derniers mois en dit long sur la foi du bonhomme en son tennis. Il n’y a pas l’ombre d’un doute chez lui. “Aussi longtemps que physiquement et mentalement je serais bien, il n’y a aucune raison que je ne sois pas capable d’être compétitif dans les grands matches. C’est ce que je veux pour 2014, jouer ces grands matches, être un acteur dans ces grands tournois.” Et il entend bien grimper à nouveau dans la hiérarchie: “je n’aurai pas beaucoup de points à défendre dans les grands tournois, dans lesquels j’estime que je ferai partie des favoris.” C’est dit. Reste à mettre tout cela en pratique. Ce ne sera pas le plus simple, car Federer a affiché un visage parfois inquiétant depuis quelques mois.

Le comeback de Nadal : Hommage et inspiration
Il reste et restera son rival le plus complice. La folle année de Rafael Nadal, absent sept mois puis de retour à la première place mondiale, ne pouvait laisser le Suisse indifférent.
C’est un retour incroyable, aucun doute là-dessus. Il y a un an, les gens disaient qu’il pouvait ne plus jouer au tennis de nouveau. Un an plus tard, il est le N.1 mondial.
Ce n’est pas la première fois que Roger Federer évoque les performances 2013 de Rafael Nadal. Mais c’est peut-être la première fois qu’il se dit bluffé à ce point. Au début de l’été, il avait estimé que “seule sa victoire à Indian Wells” était une surprise. Pour le reste, Nadal gagnait sur terre. Une routine, selon Federer, malgré les sept mois d’absence du Majorquin. Mais visiblement, il est davantage impressionné par son bilan sur dur. “Sa victoire à l’US Open, c’est quelque chose d’incroyable, vraiment“, a jugé le Bâlois, ravi pour son rival historique. “Je suis très heureux pour Rafa. Heureux aussi qu’il prouve qu’on peut revenir au plus haut niveau comme ça. Parfois, on a tendance à enterrer les gens trop vite“. Derrière cette dernière phrase, faut-il voir un espoir pour lui? C’est visiblement le message qu’il a voulu faire passer à Shanghai. Ne m’enterrez pas comme vous avez enterré Nadal.

Laurent VERGNE – Eurosport

