Qui ne trouve pas utile la publicité “sezon siklòn nan rive” qui incite la population à se préparer et à se protéger pendant la saison cyclonique? Qui n’apprécie pas les messages publicitaires Ti joel ou ceux qui encouragent à ne pas jeter les ordures en pleine rue? Qui n’aime pas les spots de prévention contre le choléra? Bref les sports sociaux…
Cependant depuis quelques temps on assiste à une dérive, une forme de publicité plutôt macabre et inquiétante.
Par définition, la publicité est une forme de communication, dont le but est de fixer l’attention d’une cible visée afin de l’inciter à adopter un comportement souhaité : achat d’un produit, élection d’une personnalité politique, incitation à l’économie d’énergie, etc.
Quoi de plus normale de faire la promotion d’un produit. Cependant quand cette promotion souille nos valeurs et nos mœurs s’agit il toujours d’une promotion pour un produit ou le non respect pour nos valeurs? Quand un spot publicitaire met en valeur les dérives sociaux ou encourage le non respect des principes sociaux, n’est ce pas une gifle à nos valeurs sociales?
Pour mieux étayer nos idées prenons quelques exemples qui font lu buzz dans les médias
Le spot de la compagnie Natcom: dans ce spot on voit une femme qui a des difficultés pour entrer en contact avec son CHERI. Puis son boss tout en la regardant d’un aire dévorant et excitant et d’un prédateur à la recherche de sa proie, mouillant ses lèvres en se disant probablement “Ti grenn sa gen sou li wi” lui fait cadeau de son portable Natcom pour mieux communiquer. D’une aire innocente, la victime accepte sans penser que ” li manje lajan chango, chango Pral fèl mache”. Puis dans la soirée, le patron l’appelle évidemment et étonnamment, comme si elle n’attendait pas à ce coup de fil, elle cri joyeusement: “Monsieur Richard!”. Finalement à la fin du spot on voit les tourtereaux accrochés ensemble.
Quel est le message véhiculé dans ce spot? Etait-ce un message de promotion pour une compagnie ou la promotion de l’infidélité et de baise entre patron et employés?
Attardons-nous maintenant sur les publicités des produits Bongù. Deux jeunes hommes sont à l’affut dans les bois, ils sont à la recherche du riz bongù. Ils ont bravé toutes sortes de danger, pas pour acheter le produit, mais pour cambrioler l’entreprise! Et à la fin ils se félicitent de leur coup, comme si de rien était, clamant haut. Et fort tout exécutant des pas de danse d’un aire satisfaisant “Nou vòlò”
Quand deux figures emblématiques de la musique et de la culture haïtiennes qui représentent des modèles pour les jeunes se félicitent d’être des voleurs, que peut on attendre de la jeunesse? N’est ce pas encourager le vol, ou légaliser cette pratique que condamne toutes les normes, principes et constitution du monde? Que vont penser les jeunes de ce pays?
Des questions, encore des questions sur lesquelles que le ministère de la culture devrait se pencher.
Aucun membre dudit ministère ou du gouvernement n’a jamais osé lever le petit doigt pour condamner, du moins, interdire ces genres de spots qui représentent un affront à notre culture.
Comment faire pour briguer ces messages publicitaires? N’y a t-il pas un comité ou une agence ou encore une organisation pour veiller au contenu d’un spot publicitaire? Si oui, pourquoi ne fait-il pas son travail? Il est grand temps de penser à notre demain en éduquant nos jeunes et non les dépraver.
Disons tous non au dégringolade de nos valeurs et ” nou pa tounen dèyè sa ankor boss”
Wilner Bossou

