Ils dorment en pleine rue ou dans les bois ou sur les toits des maisons pour ne pas être pris par la police. Ils le font à tour de rôle pour surveiller la moindre descente nocturne de la police.
Ces hommes ont des éclaireurs pour leur avertir, d’un simple coup de fil ou d’un signe “jagoniste”, leur chef de la présence de tout suspect.
Armés jusqu’aux dents, les bandits de Grand ravine s’organisent pour repousser les raids de la police ou d’un groupe de gang rival. Avant même que la police ait foulé la ravine, les bandits sont déjà alertés et ont assez de temps pour s’enfuir ou de repousser stratégiquement les policiers.
Avant d’aller bosser, les membres du gang doivent avertir leur chef de leur destination. Et a leur retour, ils doivent apporter le butin au chef qui, lui, le reparti aux membres.
Leur travail? Aller dans les rues, voler les marchands, rançonner les gens…
Ces hommes contrôlent absolument tout dans le quartier : l’électricité, l’eau potable, les business… Pour avoir ces services, ils faut payer. Payer qui? Payer au chef évidemment.
Une vie d’inquiétude, une vie de crainte, une vie de peur: voilà ce à quoi est soumis la population de Grand Ravine.
Wilner Bossou

