Le géant tente d’offrir, grâce à des ballons à l’hélium, la couverture la plus large possible aux personnes qui n’ont pas accès à Internet. Un projet fou encore à l’état de test.
Le projet Loon de Google a pris son envol en juin. Trente ballons ont été lâchés du sud de la Nouvelle-Zélande, sur le quarantième parallèle. Trente ballons à l’hélium, pas tout à fait comme les autres. Ils vont évoluer dans la stratosphère, à 20 kilomètres au-dessus de nos têtes. Portés par les vents, ils vont se répartir pour offrir la couverture la plus large possible, avec un débit équivalent à celui de la 3G. Des panneaux solaires assurent l’alimentation de l’équipement électronique, essentiellement l’antenne, et des batteries leur permettent de fonctionner de jour comme de nuit. Un scénario que Google présente comme parfaitement écologique. Prudent, la firme utilise des fréquences hertziennes «disponibles pour tous» ; pour qu’aucun état ne vienne lui réclamer d’en payer la licence.
Ce projet fou encore à l’état de test a lui aussi pour ambition de connecter, à terme, les 5 milliards de personnes qui n’ont pas accès à Internet! S’il devait s’avérer concluant, il n’y aurait plus besoin d’opérateurs télécoms, il suffirait d’avoir son accès à Loon, dont on ne sait s’il serait gratuit ou payant. Mais la mise en œuvre à grande échelle de Loon est loin d’être aboutie. Google rencontre déjà quelques obstacles technologiques. Il fait aussi l’objet de critiques virulentes de quelques personnalités américaines dont Bill Gates qui lui reproche de ne pas s’intéresser aux vrais problèmes des pays pauvres.
Besoins exponentiels
Cela fait plusieurs années que Google lorgne les fréquences permettant d’offrir un accès Internet mobile. En 2008, le groupe avait déjà pris part aux enchères américaines pourtant sur l’attribution de nouvelles fréquences aux opérateurs télécoms. En début d’année, la firme se serait à nouveau intéressée à des fréquences aux États-Unis, cette fois, en 4G. La presse américaine s’était alors emparée du sujet, sans parvenir à établir les réelles motivations de Google dans le domaine. Le même mystère entoure la finalité du projet Google Fiber au Kansas. Le groupe teste dans cet endroit reculé des États-Unis un réseau permettant d’accéder à Internet en ultra haut débit.
Il est vrai que le développement des objets connectés, comme les Google Glass, va nécessiter de plus en plus de transferts de données. Google serait donc en train de se positionner pour ne pas être limité dans son développement par les capacités des réseaux des opérateurs télécoms.
Le Figaro

