Le rara commence tout suite après le carnaval durant les 40 jours de carême appelé couramment carnaval des paysans, ce rythme musical est d’origine africaine, a été pratiqué dans les périodes coloniales par nos ancêtres remémorant les bons vieux moments d’Afrique où se réjouissent des milliers de gens des quartiers populaires aussi d’étrangers , des gens de la haute société pratiquant tout sorte de danses et d’autres plaisirs, ces groupes musicaux sortent pour la plupart la nuit et la majorité des quartiers en Haïti à son groupe de rara composé pour la plupart des jeunes du quartier. Ils sortent pour la plupart vers le coucher du soleil et se termine vers les 2h du soir. Les plaisirs se mêlent à la découverte d’autres quartiers.
Les groupes rara d’Haïti sortent en période carnavalesques mais leur moment fort est la période carême, période qui rappelle au peuple chrétien la mort et la résurrection de leur maitre Jésus et aussi pour les vodouisants la fête Ayizan velekelete mère et grande entité d’Haïti « lwa d’Haïti ». Les instruments du rara sont préparés par des matières de récupération faisant des beaux instruments composés principalement de : corne, de tambours en peaux de chèvre, lamelle métalliques fixée à une caisse instrument, de tiges de bambou de toutes les tailles, de Graj’s, de tchatcha’s et de cornets dit instrument des anges. De ces instruments décèlent une mélodie d’un si bel accord. Les musiques rara font passées les frustrations de la population, pour ironiser des gens qui ont causé des tords à la population et aussi des notables de la ville. Le rara nous lie non seulement à notre passé mais nous fait prendre conscience sur les divers problèmes que confrontent nos quartiers et nos villes. C’est aussi le moment où tout débauches sexuelles peuvent se faire où on boit le tafia « alcool forte d’origine caribéenne ». Le rara nous fait affronter nos peurs et nos faiblesses, le rara se termine couramment le samedi de l’eau bénite et le dimanche pâque. Sur le plan mystique, le rara est sous contrôle de la religion vodou principalement sur le rythme petro et champwèl, mais le rara n’est pas une pratique purement mystique comme le ‘’chanpwèl’’ mais la grande majorité des péristyles ont leur rara ce qui fait leurs forces et leurs renommées. Les rara sont sous l’obédience d’une péristyle qui avant leurs sorties font une cérémonie pour leurs membres où on les met dans une cercle et on met chaque membre sur la protection d’un ‘’ lwa’’ pour éviter et se préparer pour les mauvaises rencontres de la nuit et la croisée d’autres entités dites entités infernales qui sont très fréquent dans la période carême.
Le rara c’est un plaisir que nous vous invitons à approcher, à regarder d’un angle plus positive car ce plaisir excitant et à la fois sauvage nous met en contact avec chaque individu de notre entourage, nous apprend à regarder l’autre, à l’aimer, nous fait danser et nous donne une chance de voir la vie réelle. C’est de cette façon que des gens de notre société mondaine choisisse de commémorer la pâque mais n’oublions pas que nous devons éviter toute mauvaise rencontre et que le rara se termine tard dans la nuit, dans notre langage à nous, « APRE DANS TANBOU LOU » et comme dit le dicton: « SIW SE SE SESA SIW PASA PINGA ». Ne tardez pas à venir, prenez du plaisir à danser le rara « MEN PAKITE TA BAREW ». Aussi à la fermeture du rara vient le ‘’chanpwèl’’ un plaisir encore plus excitant que le rara que nous gardons pour un autre article.
Jacques junior PIERRE, Chercheur Copyright © 2014 Mag Haiti

