La communauté haïtienne a une nouvelle fois marqué sa présence au West Indian American Day Parade, organisé le lundi 7 septembre 2026 sur Eastern Parkway, à Brooklyn. Pour sa 59ᵉ édition, ce grand rendez‑vous de la culture caribéenne a rassemblé plus d’un million de personnes dans une atmosphère animée par la musique, les costumes et la diversité des communautés de la diaspora.
Les rues de Brooklyn ont accueilli des participants venus de plusieurs pays de la Caraïbe. Drapés dans leurs couleurs nationales et vêtus de tenues traditionnelles ou de costumes de parade, ils ont célébré leur héritage culturel aux côtés d’élus locaux, de responsables communautaires et de personnalités honorées lors de l’événement. Les couleurs d’Haïti, de la Jamaïque et de la Grenade figuraient notamment parmi celles visibles le long du parcours.
Cette participation haïtienne s’est toutefois déroulée dans un contexte particulier. La fin du Temporary Protected Status (TPS) pour les ressortissants haïtiens aux États‑Unis et les incertitudes qui en découlent ont donné une dimension supplémentaire à cette journée. Pour plusieurs participants, le défilé représentait à la fois un moment de célébration et une occasion de rappeler les préoccupations de la communauté.
« Ce n’est pas la fin du monde », a déclaré Marie Valcourt, présente au défilé, se disant déterminée à rester optimiste malgré les difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux Haïtiens.
Le soutien à Haïti s’est également exprimé au‑delà de la communauté haïtienne. Joe Gonzalez, vêtu d’un drapeau dominicain, a défilé avec une pancarte portant le message « STAND WITH HAITI ». Il a expliqué vouloir manifester sa solidarité envers les Haïtiens, qu’il considère comme des voisins et des membres de la même famille caribéenne.
Cinq groupes haïtiens présents
La représentation musicale haïtienne était assurée par RAM, Lespri Ayiti/Team Madada, RockFam, KG et Lamar. Leur participation a contribué à renforcer la visibilité d’Haïti au sein de cette grande célébration caribéenne.
Parmi eux, Lespri Ayiti, qui réunit environ 180 artistes, musiciens, créateurs et membres de la communauté, a proposé des costumes inspirés de figures et de moments de l’histoire haïtienne, notamment de Jean‑Jacques Dessalines.
La musique a également occupé une place importante avec le Rabòday et le Kompa, sous la direction de Jesus Luc, avec la participation de DJ Comix, membre de Team Madada.
Une jeunesse également au rendez‑vous
Avant le grand défilé de lundi, de jeunes participants et leurs familles avaient pris part au YouthFest et au Junior Carnival, consacrés à la jeunesse et à la transmission de la culture caribéenne. Costumes élaborés, coiffes colorées et drapeaux nationaux étaient au rendez‑vous, dont celui d’Haïti.
La participation haïtienne a néanmoins été marquée par l’absence de certains groupes habituellement présents. Les organisateurs ont indiqué que T‑Vice, Tony Mix et Sak Pase Nation avaient été suspendus. De son côté, un représentant de T‑Vice a affirmé que le groupe avait choisi de ne pas participer. Ces versions divergentes ont alimenté les interrogations autour de ces absences.
Le New York Times a également rapporté que la crainte liée aux opérations de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) avait contribué à l’absence de certains Haïtiens, certains membres de la communauté préférant ne pas se rendre au défilé.
Une célébration au‑delà des frontières
La présence haïtienne s’est enfin traduite par des messages et des pancartes faisant référence aux conséquences de la fin du TPS. Entre expressions de solidarité, créations artistiques et prestations musicales, le défilé a constitué un espace où la diaspora a pu célébrer son patrimoine tout en attirant l’attention sur les difficultés auxquelles elle est confrontée.
L’événement a également réuni des représentants d’autres communautés caribéennes ainsi que des membres du New York City Department of Correction (NYC DOC).
L’Association of Caribbean Americans in Correction a salué l’importance de cette célébration et remercié la West Indian American Day Carnival Association (WIADCA) pour son organisation.
Au‑delà de son caractère festif, cette 59ᵉ édition a offert à la communauté haïtienne une occasion de réaffirmer son identité, sa créativité et sa solidarité au sein de la grande famille caribéenne de New York.
Louis Souze Kaïna
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