• Accueil
  • Politique
    • Éditorial
    • Politique
    • Justice
    • Élection
    • International
  • Société
    • Société
    • Opinion
    • Éducation
    • Enquête
    • sondage
    • Elles
    • Biographie
    • Causerie
    • Sport
  • Économie
  • Culture
    • Culture
    • Musique
    • Mode
    • People
    • Art
    • K-naval
    • Gospel
  • Sport
  • English
  • Fact-check
Upgrade
Mag Haiti
ADVERTISEMENT
  • Accueil
  • Politique
    • Éditorial
    • Politique
    • Justice
    • Élection
    • International
  • Société
    • Société
    • Opinion
    • Éducation
    • Enquête
    • sondage
    • Elles
    • Biographie
    • Causerie
    • Sport
  • Économie
  • Culture
    • Culture
    • Musique
    • Mode
    • People
    • Art
    • K-naval
    • Gospel
  • Sport
  • English
  • Fact-check
No Result
View All Result
  • Accueil
  • Politique
    • Éditorial
    • Politique
    • Justice
    • Élection
    • International
  • Société
    • Société
    • Opinion
    • Éducation
    • Enquête
    • sondage
    • Elles
    • Biographie
    • Causerie
    • Sport
  • Économie
  • Culture
    • Culture
    • Musique
    • Mode
    • People
    • Art
    • K-naval
    • Gospel
  • Sport
  • English
  • Fact-check
No Result
View All Result
Mag Haiti
No Result
View All Result
  • Accueil
  • Politique
  • Société
  • Économie
  • Culture
  • Sport
  • English
  • Fact-check

Décès de Baby Doc : « La mort d’un tigre au teint très pâle »

Mag Haiti by Mag Haiti
October 6, 2014
in Uncategorized
0

Jean-Claude Duvalier est mort. Dans les rues et dans les foyers, la nouvelle n’a pas créé de grandes émotions. L’homme semblait à peine vivant. Et, depuis son retour, il s’était installé dans le paysage comme, déjà, un fantôme ou un anachronisme. Et, même si de nombreux citoyens haïtiens ont exprimé le regret que la mort, qui n’est pas une sentence, soit venue lui épargner la reddition de comptes pour des vies et des biens, nos vies, nos biens, nul ne s’acharne à vouloir jeter son cadavre aux chiens. Ce peuple qu’il a tant fait souffrir sait une chose que lui, et son père avant lui, avaient oublié : la mort devrait être naturelle et le repos paisible.

Les Duvalier tuaient les vivants et les morts, n’avaient « d’ennemis que ceux de la Nation », traitaient leurs victimes « d’apatrides », leur interdisaient tombes et funérailles. La réception tranquille de la nouvelle de la mort de Jean-Claude Duvalier fait la preuve que les peuples sont meilleurs que leurs dirigeants : Duvalier est mort, Paix à son âme.

Le problème avec l’âme, c’est que la preuve n’en est faite que pour ceux qui y croient. On pourrait remplacer le mot par « esprit » ou « motivation », ou encore « personnalité ». Si l’on tient à le garder, habitude oblige, en général on peut le faire suivre par des épithètes. De l’âme on peut dire par exemple que François d’Assise l’avait bonne et François Duvalier plutôt mauvaise, qu’il en est de pures et de sombres.

A côté des crimes de sang et de ses hautes œuvres de prévaricateur, Jean-Claude Duvalier ne nous a rien laissé qui nous permettrait, modeste soulagement, de lui prêter une âme. Ses phrases les plus célèbres tiennent du ridicule. Son “pitit tig se tig”et son « ke makak la la pi rèd » ne témoignent de rien qui renvoie à l’idée d’une personnalité. On dirait un mauvais élève contraint de réciter sa leçon en public.

La tragédie de l’héritier : Élu par son père, il hérite d’un pouvoir et d’un peuple en cadeau. Il l’accepte et devient ainsi pleinement responsable devant l’Histoire. C’est un « Je » tout puissant qui ne sait pas dire « Je ». Un déficit de langage qui reste au pouvoir quatorze ans, se prolonge sur vingt-cinq ans d’exil. Ce n’est qu’à son retour – merci Préval et vive la France ! – qu’on entendra vraiment « sa voix » nous demander, candide : « Qu’avez-vous fait de mon pays ? » Si derrière la candeur pointait l’outrecuidance, l’une des rares sorties de son insignifiance de cet enfant de soixante ans consistait à nous reprocher d’avoir cassé son jouet.

Car, ne nous y trompons pas. Jouets, nous fûmes, et jeu fut son pouvoir. C’est ce que l’on a oublié de dire aux vrais enfants d’aujourd’hui, combien il était facile de mourir de cause pas naturelle, combien le luxe des uns s’étalait sans vergogne devant la misère des autres, combien l’Etat c’était « moi » et Mes supers ministres et Mes tontons macoutes au statut de mineurs, et Mon armée inféodée à Mon exécutif, combien Je pouvais tout prendre, tout requérir : voitures, femmes et guitares ; plages et immeubles, devises et biens publics…

Et le décès du prince déchu n’interdit en rien de continuer de demander des comptes au régime, à ceux qui restent de ses sbires et thuriféraires, et de penser, sans complaisance, sa place dans l’histoire. Le duvaliérisme a jeté du pire sur le pire, le jean-claudisme fut les restes de ce pire, un micmac vide de sens : tout ensemble noiriste et mulatriste, technocratique et obscurantiste, sur fond d’arbitraire et de folles jouissances. Le propre des héritiers, quand ils sont au pouvoir, ne se limite-t-il pas souvent à ne savoir qu’en jouir !

Mais l’homme est mort, ne le tuons pas. Reste à savoir comment le pouvoir actuel gèrera sa dépouille. Tel communiqué pleure un « haïtien authentique » et suggère une nostalgie irrespectueuse de la mémoire des victimes de la fureur duvaliériste, et un principe de ressemblance très inquiétant pour notre avenir. Jean-Claude Duvalier est mort. Nous n’avons pas obtenu justice, l’histoire est ainsi faite. Que ses proches et ses amis le pleurent. Il faut supposer que toute personne ayant vécu a suscité l’amour et l’amitié au moins de quelques uns.

Tout ce que nous demandons au pouvoir actuel, c’est de ne pas nous imposer sa dépouille et son passage comme ceux d’un héros, d’un homme de haute vertu. Ce sera mieux pour tous les morts. Pour lui que nous ne serons pas obligés de dénoncer à chaque acclamation, mais seulement à l’appel du devoir de mémoire. Pour Gasner Raymond, Auguste Thénor… les écoliers des Gonaïves… et tant de morts sans sépultures.

Que ses proches me pardonnent ce jugement lapidaire. L’idée n’est pas de leur faire offense. Leur histoire avec lui n’est pas celle du pays ni du citoyen ordinaire. On leur laisse la leur, qu’ils nous laissent la nôtre. Pour l’Histoire, la grande, vient de mourir un ancien dictateur au teint très pâle qui ne fut rien qu’un héritier : sans pour autant l’innocenter, laissons le reposer dans son insignifiance.

Lyonel Trouillot

Nombre de vues: 22
Share on Facebook Share
Share
Share on Twitter Share
Share
Share on Google Plus Share
Share
Share on Pinterest Share
Share
Share on Linkedin Share
Share
Share on Whatsapp Share
Share
Share on Email Share
Share
Share on Viber Share
Share
Share on Sms Share
Share
Share on Messenger Share
Share
Previous Post

Dilma Rousseff remporte le premier tour de la présidentielle au Brésil

Next Post

Peter Piot: “Ebola, je crains maintenant une inimaginable tragédie”

Mag Haiti

Mag Haiti

Mag Haiti est un média en ligne qui a pour mission d'informer, de distraire et de former les internautes à travers le monde. Comme tout organe de presse qui se respecte dans une démocratie, notre objectif essentiel est de fournir aux citoyens l’information exacte et fiable dont ils ont besoin pour fonctionner dans la société libre où ils vivent.

Next Post

Peter Piot: "Ebola, je crains maintenant une inimaginable tragédie"

Suivez-nous

youtube
follow
facebook
follow
twitter
follow
instagram
follow
soundcloud
follow
linkedin
follow

Publicité

Qui sommes-nous?

Le Groupe Média MAGHAITI dont le siège social est sis à Port-au-Prince, immatriculée au registre du commerce d’Haïti au numéro 357 Reg. 103, est formée de trois agences de Presse en ligne: MagHaïti, Alolakay TV et du fact-checkeur T-check.

Les plus populaires

  • Poukisa li enpòtan pou nou denonse aktivite bandi yo sou rezo sosyal yo?  (72,853)
  • Les dix jeunes Haïtiens les plus influents en 2018 (37,568)
  • Fantom menase l ap bòykote “Sumfest” la epi tire Carel Pedre (30,268)
  • Lapolis rive sezi 2 zam, 2 machin epi touye 4 prezime bandi nan vil Gonayiv (28,463)

Nouveaux Articles

  • A Survivor In The Spotlight
  • Haitian Compas Festival : une 28ᵉ édition réussie
  • Mag-Tempo: men lis definitif grenadye ki pral jwe mondyal la pou Ayiti

© Tous droits réservés – Groupe Média MAGHAITI 2025

Subject:
Message:
Ajax loader
No Result
View All Result
  • Accueil
  • Politique
    • Éditorial
    • Politique
    • Justice
    • Élection
    • International
  • Société
    • Société
    • Opinion
    • Éducation
    • Enquête
    • sondage
    • Elles
    • Biographie
    • Causerie
    • Sport
  • Économie
  • Culture
    • Culture
    • Musique
    • Mode
    • People
    • Art
    • K-naval
    • Gospel
  • Sport
  • English
  • Fact-check

© Tous droits réservés – Groupe Média MAGHAITI 2025

Skip to toolbar
  • About WordPress
    • WordPress.org
    • Documentation
    • Learn WordPress
    • Support
    • Feedback
  • Log In