Malgré l’intervention de la Police Nationale d’Haiti, aidée de la
MINUSTAH le week end passé dans les zones du Bel-air et de Delmas
2, pour démanteler le gang 117 qui terrorise la population, la vie
peine à se reprendre dans ces quartiers.
Au cours de cette opération policière dans la nuit du Samedi 12 au
Dimanche 13 Janvier 2013, une centaine d’individus ont été
interpellés, des évadés de prison arrêtés et des armes à feu saisies,
d’après les dires du Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince,
Maitre Lucmane Delille. Cependant, le gang 117 a-t-il été vraiment
démantelé ?
Vendredi 18 janvier 2013, l’un des chefs de gang 117, Nikodeme Chéry
alias Pè Niko, avait reçu plusieurs balles, au cours d’un affrontement
avec les membres de son propre groupe avant d’être arraché à coup de
machettes et de couteaux par ses acolytes. Preuve que ce gang est
encore opérationnel. Tenant compte de la sociologie des Gangs, il y a
toujours des chefs en gestation attendant leur tour pour diriger.
Ce qui va s’en dire, Nikoderme meurt, un autre prendra sa place.
Dimanche 20 Janvier, en matin des coups de feu ont été entendus au
niveau de la rue Tiremasse. Dans l’après midi, un certain “Marassa”,
un autre chef de Gang 117, aurait été tué le même jour à la Rue St Come, Bloc rue Tiremasse, au cours d’un
affrontement avec les forces de l’ordre, d’après les déclarations des
riverains.
En effet malgré la dernière intervention musclée des agents de la PNH
et de la MINUSTAH, et la mort de Nikoderme, les activités n’ont pas
encore repris au Bel-air.
Une équipe de Vant Bèf Info a sillonné plusieurs rues et quartiers au Bel-air et à Delmas 2, et a rencontré
des membres de la population. D’après les constats et informations
recueillies, la plupart des entreprises, petites et moyennes, ont fermées
leurs portes. Les gens qui s’aventurent des les rues, projettent des
regards suspects et un visage méfiant.
Rares sont les voitures privées qui fréquentent le haut du Bel-air, et
généralement leurs propriétaires sont des habitants du quartier.
Autrefois, les chauffeurs de taxis savaient passer dans les rues
Tiremasse, Saint-Martin, des Fronts Forts, au dos du Lycée Alexandre
Pétion, pour éviter les embouteillages sur la route de Sans Fil,
maintenant ils n’osent plus. Le transport public est au point mort.
Dans des quartiers comme : le haut du Bel-air, Morne Marinette, Rue
Saint Martin (bloc Haut du Bel-air), Rue Tiremasse (Bloc haut du
Bel-air), rue Rouille, rue Marcajoux (Bloc de L’église Perpétuel
Secours), des familles ont du abandonner leur maison.
Des agents de la Police Nationale D’Haiti et de la MINUSTAH sont
présents dans ses quartiers. Des points fixes ont été aussi remarqués
à la rue des Fronts Forts, à la rue des Césars devant le complexe éducatif du Bel-air, tout près des vestiges de la Cathédrale de P-au-P et du Morne Lavois (entre rue Mgr Guilloux et Tiremasse). Cependant, d’après
les riverains, des 6 heures du soir, le quartier de Bel-air est fermé!
C’est comme si il y avait couvre feu. Personne n’est dans les rues !
Malgré la situation, les fidèles et les croyants n’ont pas raté leur messe ou leur culte. Ce dimanche, la principale église catholique, La cathédrale et les temples protestants ont eu leurs services réguliers. Le centre de Santé qui se trouve à l’angle de la rue Monseigneur Guilloux et des Césars, fonctionne timidement. Les portes de l’école des soeurs de Bel air
En 2004, le quartier de Bel-air et ses environs ont été déserté de ses habitants, au cours des mouvements de troubles, appelés “Opération Bagdad”. Une triste période dans l’histoire de ce quartier. Ce Lundi 21 Janvier, le commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince, Maitre Lucmane Dellile a annoncé que la Police Nationale d’Haiti maitrise la situation dans la zone.
Et la population n’espère qu’une chose: la Paix !
Ruben Dumont

