Un haut responsable du groupe électronique a rencontré Elon Musk, le fondateur de la marque automobile américaine Tesla. Fabriquer une voiture était un des derniers «rêves» de Steve Jobs.
Les routes d’Apple et de Tesla ont fini par se croiser. Au printemps dernier, une rencontre au sommet entre les deux entreprises a été organisée à Cupertino, le fief d’Apple, a révélé le San Francisco Chronicle ce week-end. La nature des discussions entre Adrian Perica, responsable des fusions-acquisitions du groupe électronique, et Elon Musk, fondateur d’un des fabricants de voitures électriques les plus en vue, n’a pas été précisée. Il n’en fallait toutefois pas davantage pour alimenter les spéculations sur un rachat ou une prise de participation de Tesla par Apple.
Tesla, un Apple de l’automobile
Depuis sa création en 2003, Tesla a souvent été comparé à Apple. La société, créée par le cofondateur de Paypal Elon Musk et imprégnée de la culture technologique de la Silicon Valley, s’est positionnée dans le haut de gamme. La Model S dispose d’une autonomie très élevée, de plus de 500 kilomètres en une recharge, d’une excellente finition et d’accessoires high-tech à foison, dont un imposant écran tactile de 17 pouces sur le tableau de bord. «Comme pour les premiers ordinateurs Apple, marque dont Tesla se réclame volontiers, l’innovation, quand elle est de qualité, a toujours un prix», relevait Le Figaro lors de l’essai de ce modèle en 2012. La Model S est vendue à partir de 61.700 euros en France, où Tesla vient de rouvrir une concession.
Avec ses presque 160 milliards de dollars en banque, Apple peut se permettre d’engloutir Tesla, dont la valorisation boursière est de 24 milliards de dollars. Il jouerait ainsi les précurseurs dans les voitures électriques, un secteur en plein développement, comme il l’a déjà fait dans l’informatique et les smartphones tactiles. «Je pense que vous devriez acheter Tesla», conseillait en octobre un analyste à Tim Cook et Arthur Levinson, respectivement PDG et président du conseil d’administration d’Apple. «La force d’Apple, c’est sa marque. Il y a une industrie où vous pouvez exploiter cette force et où le marché est six fois plus important que dans les smartphones. C’est l’automobile.»
iOS et Android dans les voitures
Si l’on cite généralement les montres et les téléviseurs parmi les nouveaux produits développés par Apple, son intérêt pour l’automobile n’a jamais cessé de se manifester en filigrane ces dernières années. Peu de temps avant son décès, en octobre 2011, Steve Jobs confiait à un journaliste du New York Times qu’il se serait attaqué à ce marché, s’il en avait eu encore l’énergie. Avant de choisir de se développer dans les smartphones et les tablettes, les cadres d’Apple avaient lancé plusieurs idées «folles» de diversification, dont l’automobile, a raconté son responsable marketing. Apple dispose aussi d’une trentaine de brevets liés aux voitures.
Il n’existe pour l’heure aucune autre information tangible sur une entrée d’Apple dans le secteur de l’automobile. Apple et Google sont en revanche clairement engagés dans une course pour intégrer leurs systèmes mobiles, iOS et Android, dans les voitures. L’un développe une version spéciale, appelée «iOS in the car», dont des ébauches ont été présentées en juin 2013. L’autre vient d’annoncer une alliance avec quatre fabricants, GM, Honda, Audi et Hyundai, pour lancer des voitures Android d’ici à la fin de l’année. Google est aussi à la manœuvre dans le développement de voitures automatiques, sans conducteur. Le salon de Genève, début mars, permettra de juger des forces en présence.
Le Figaro

