Le massacre perpétré par les gangs à Kenscoff a suscité de vives réactions dans le milieu culturel haïtien. Plusieurs artistes et influenceurs, parmi lesquels Tony Mahotière, dit Tony Mix, Nicolas Millet, connu sous le nom de Niko, Sarodj Bertin et Ariana Milagro Lafond, ont exprimé leur solidarité envers les familles des victimes.
« Haïti mérite mieux »
Dans une vidéo publiée le jeudi 27 août 2026, l’artiste Niko s’est dit profondément bouleversé par les événements. « Depuis que j’ai vu ce qui s’est passé à Kenscoff, je suis choqué, abasourdi, je ressens une douleur profonde dans l’âme. Je ne sais pas ce que je ressens », a-t-il déclaré.
Il a rappelé la dimension tragique de ce massacre, marqué par des familles décimées, des maisons incendiées et des enlèvements.
Cofondateur du groupe Enposib, il a dénoncé le risque de banalisation de la violence : « Nous ne devons jamais nous habituer à une chose pareille dans ce pays », a-t-il affirmé, estimant que la situation actuelle et le silence qui l’entoure « ne sont pas normaux ».
« J’aime mon pays, je suis fier d’être Haïtien », a-t-il poursuivi, expliquant que son attachement au pays et sa responsabilité envers le public l’ont incité à prendre la parole. Face à l’impunité et aux violences qui frappent différentes régions, il a reconnu ne pas avoir de réponse : « Je n’ai pas de réponse à leur donner ».
Il a conclu son intervention en adressant ses pensées aux familles endeuillées : « Mon cœur est avec vous », avant de lancer : « Haïti mérite mieux. Je pense qu’il est temps que cela change. »
Appels à la paix et à la solidarité
Sarodj Bertin a partagé une courte vidéo dans laquelle elle a lancé un message simple : « Laissez le peuple vivre », exhortant à mettre fin aux violences.
DJ Tony Mix, de son côté, a réagi sur TikTok : « Force et courage à toutes les familles endeuillées », avant d’appeler à l’unité : « Haïtiens, cessons de nous détruire entre nous ».
Ariana : briser le silence
Dans un geste symbolique, l’influenceuse Ariana a demandé une minute de silence en mémoire des victimes. Elle a toutefois insisté sur la nécessité d’aller au-delà de l’hommage : « Il faut que nous nous levions, que nous parlions pour les personnes qui sont encore en vie et que nous commencions à ouvrir les yeux », a-t-elle déclaré dans une vidéo diffusée le mercredi 26 août.
Les Kenscovites réclament justice
Après la nuit de terreur du dimanche 23 août 2026, des jeunes de Kenscoff ont manifesté le jeudi 27 août pour dénoncer l’insécurité. À travers leurs pancartes, ils ont exprimé leur lassitude d’être la cible des gangs et leur refus de vivre comme déplacés internes.
Ils ont proclamé : « Sekirite nou bezwen. Nou pa bezwen diri paske nou ka travay », un message adressé aux autorités étatiques et à la Police nationale d’Haïti (PNH).
Un bilan lourd et des menaces persistantes
Selon la mairie de Kenscoff, le bilan provisoire s’élève à 50 morts, sans compter les blessés. Plus d’une trentaine de personnes, dont plusieurs enfants, ont été kidnappées par les bandits armés. Dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, le gang Iso2 a revendiqué l’attaque et menacé de tuer les otages en cas de représailles.
La PNH a annoncé avoir pris des mesures, notamment l’arrivée de nouveaux équipements et la nomination du commissaire Jean-Pierre Ketler Maurice à la tête de la juridiction de Kenscoff. Reste à savoir quelles actions concrètes seront entreprises, alors qu’une partie de la population exprime sa défiance envers les autorités policières.
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