Battue dans l’engagement par une Ukraine survoltée, l’équipe de France a été dominée (2-0) à Kiev en barrage aller. Il faudra un exploit mardi.
Ce n’est pas encore France-Bulgarie mais les Bleus ne sont plus très loin d’un nouveau traumatisme, vingt ans après. Les Bleus se sont inclinés à Kiev (2-0) lors du barrage aller qualificatif à la Coupe du monde brésilienne. Une défaite qui ne fige encore rien dans le marbre mais qui complique sérieusement les affaires de la France, laquelle devra se passer de Laurent Koscielny, expulsé dans le temps additionnel pour avoir perdu ses nerfs. Elle devra s’imposer mardi soir à Saint-Denis de deux buts d’écart et de trois si elle en encaisse un. Déjà irrespirable. Le Brésil n’a jamais été aussi loin.
Il faudra mettre plus d’envie et d’agressivité face à des Ukrainiens qui ont donné une leçon d’engagement ce vendredi. L’Ukraine a joué le couteau entre les dents, se jetant sur chaque ballon comme des morts de faim. L’animation offensive des Bleus a souffert de la densité physique adverse. L’Ukraine a opposé un mur à la France, elle s’y est cassée les dents. L’Ukraine n’a pas eu beaucoup plus d’audace. Il a suffi d’une passe en première intention d’Edmar pour déstabiliser toute la défense française, prendre de vitesse Debuchy et permettre à Zozulya de tromper Lloris, pas tout blanc sur ce coup-là (61e). Puis d’une faute de Koscielny dans la surface et d’un penalty transformé par Yarmolenko (81e) pour sérieusement fragiliser l’été brésilien des Bleus.
Ribéry dans l’étau
Ce vendredi, l’Ukraine en voulait simplement plus. Les frappes des Bleus (Sissoko à la 69e, Nasri à la 71e, Ribéry à la 77e) ont été trop molles. Et quand Nasri a eu au bout du pied la seule occasion franche de ramener la France à hauteur, il a offert le cuir aux gants accueillants de Pyatov (64e). Et en fin de match, l’Ukraine a apporté la touche finale à son chef d’oeuvre en faisant péter les plombs à Koscielny, expulsé tout comme Kucher en toute fin de match. Ribéry, pris la plupart du temps par deux défenseurs, a, lui aussi, eu le droit à un traitement très viril qui lui a empêché d’avoir son rayonnement habituel. Nasri a multiplié les touches de balle comme pour masquer son manque de percussion. Il faudra montrer un tout autre visage mardi car la France n’a désormais plus le choix : elle est condamnée à l’exploit.
Martin MOSNIER – Eurosport

