« Stanley Georges est déjà sur la scène et il va y rester parce qu’il va chanter maintenant ».
Des accueils chaleureux, Stanley Georges en a sûrement reçu beaucoup dans sa carrière de chanteur qui comprend un nombre plus qu’appréciable de hits. Mais aucun n’a du être si enjoué et affectueux que celui qu’il reçut en ce dimanche soir de 10 février, au concert de la Retraite Bénie à Titanyen.
Le chanteur est accueilli sous une pluie de hourras à l’église de la Mission de l’Espoir. On est Dimanche gras, à la 3e édition de la Retraite Bénie. Comme à l’accoutumée, les Retraités présentent un concert sur place au local qui les accueille, avec à l’affiche les chanteurs qui font partie de l’équipe. Stanley Georges fait partie du groupe.
Myria Charles, maitre de cérémonie de ce concert assisté par près d’un millier de personnes, des jeunes en majorité, passe le micro à l’ancien chanteur de Nou Krezi. L’émotion est palpable. Stanley Georges va chanter publiquement pour l’une des premières fois depuis sa conversion.
« L’année dernière à pareil moment, j’étais sur un char au carnaval » commence-t-il. « Ma présence ici ne répond pas à un choix, je ne suis nullement assez intelligent pour faire pareil choix. Plus qu’un appel, c’est une poussée qui m’a ramené », témoigne-t-il. « Nous t’aimons Stanley », lance, comme pour lui répondre un chœur improvisé dans le public.
Personnellement, j’attendais ce moment depuis deux semaines. Depuis qu’il avait dit qu’il participerait à la Retraite, sur mon invitation. La nouvelle de sa conversion lue dans TICKET m’avait surpris, tant rien ne l’annonçait. Je languissais de le voir sur scène, de le jauger un peu aussi. De me faire, sans prétention, une idée personnelle de la sincérité dans son volte-face. De sincérité, j’en ai rarement vue que dans ces 10 minutes où il était sur la chaire, face au public.
Stanley, au micro, ne trouve plus les mots et les larmes prennent le relai. A la guitare, Nicky Christ, l’un des coorganisateurs de la Retraite, égrène les notes de la chanson qui se fait attendre. D’autres chanteurs chrétiens comme Romy Laguerre, Charles Hervé Lominy, Claudel Sénat, et quelques membres du public le rejoignent pour ce qui sera vu comme une sorte de réception de la main (l’accolade pour certains) d’association. Comme un rituel de bienvenue déjà dans le monde de la musique évangélique.
« Bienvenue chez toi Stanley », relance justement le chœur composé surtout de voix féminines. Le moment est unique, spécial, à peine troublé par les reporters amateurs, qui, smartphones en main, se ruent au premier rang. Grâce à l’un d’eux, la vidéo a été publiée sur Youtube et a déjà atteint plus de 3000 visionnages en 8 jours. Bien plus que certaines meringues « populaires » de cette année. « C’est l’un des moments les plus bénis de la Retraite », témoignera Paul John Mackenzy, un participant, au terme de l’activité annuelle de 5 jours.
« Seigneur, Tu me cherches, Tu me connais, et si je T’oubliais, Je sais que Tu m’aimes », commence le chanteur. Le choix de chanson est significatif. « A la Croix » parle de reconnaissance, d’amour et du sacrifice de Jésus. « Tu as gagné sur la mort, Ta gloire remplit les lieux très hauts. Rien ne peut nous séparer, » poursuit-il de cette voix qui a marqué Trémolo, le Konkou Chante Nwèl, Alo Haïti, et Nou Krezi pendant 15 dernières années. Pour rappel, avant Stanley dans les rangs de Nou Krezi, un certain Roosevelt Jean Noël avait suivi le même parcours de rédemption.
Tout de suite après sa performance, Romy Laguerre, autre chanteur chrétien, suggère une prière spéciale pour le frère Stanley, l’enfant prodigue, la brebis égarée qui revient au bercail. Le ciel, dit-il, se réjouit de ce retour. Tête recourbée, cible de toutes les mains levées de l’assemblée, Stanley et son futur parcours sont élevés devant le trône du Très-Haut.
Stanley est bien un restauré. Un Chrétien. Loin de vouloir soulever la polémique sur les caractéristiques de cette appellation, il comprend et accepte le sacrifice de Jésus et veut désormais vivre pour le louer. Croyant, il s’est aussi fait baptiser, et fréquente une église protestante de la Route de Frères.
Son témoignage, on l’aura bientôt en chanson. Quelques collaborations ont été entamées à la retraite même en ce sens. Charlson Duverné, dit Poppy, ancien musicien de Mizik Mizik, BélO, Nou2 et autres groupes séculiers qui a connu lui aussi un moment de reconversion, pourrait être associé au projet d’album de Stanley. Son premier album solo, s’il voit le jour. Ironiquement, les projets d’album de Stanley, notamment avec Solèy Sounds, ont toujours fini dans les tiroirs.
En attendant, le nouveau chanteur chrétien se montre à de très rares activités, comme le dimanche 17 février à l’église El Shaddai où, en invité surprise, il a pris part à un récital de Schenatsar Ecole de Musique.
Parce que le nouveau Stanley se fait discret. Très discret. La transition pèse sur ses épaules et il doit y aller pas à pas. Pas d’interview à la radio. Les moindres déplacements possibles. Nouvelles habitudes. Nouvelles relations. Les rares posts sur Facebook reprennent des passages et réflexions bibliques. Il avait même abandonné son numéro habituel pour prendre ses distances par rapport à sa vie d’avant. Pour l’accompagner dans sa nouvelle voie, il peut compter sur sa famille (ses parents sont chrétiens), ses nouveaux amis de la Retraite, sur son église et sur ses nombreux fans fidèles. Ceux qui n’ont pas manqué de lui témoigner leur support sur les réseaux sociaux, en commentaire au lien de la vidéo qui le montre chantant pour Dieu à la Retraite.
Y en a qui diront que c’est peut-être pour ramener ces derniers que Dieu l’a rappelé.
Karl Foster Candio
Coorganisateur de la Retraite Bénie.

