L’Académie Goncourt a annoncé, le vendredi 25 septembre 2026, le retrait du roman « C’était ça ou mourir » de l’écrivain canado‑haïtien Thélyson Orélien de sa sélection pour le prestigieux prix littéraire. Cette décision intervient après plusieurs accusations liées à l’utilisation présumée de l’intelligence artificielle et à des faits de plagiat révélés ces derniers jours au Canada.
Dans un communiqué, l’Académie explique que ce retrait vise à « préserver l’intégrité du prix Goncourt et celle de l’Académie ». Elle s’appuie sur des plagiats attribués à l’auteur dans d’anciens textes, ainsi que sur des analyses de chercheurs et de journalistes concluant que le roman serait « selon toute vraisemblance très largement le produit d’une intelligence artificielle ». L’institution précise qu’elle ne cautionne pas « la création de textes générés avec l’aide de l’IA ».
La polémique avait éclaté le 21 septembre, jour où Thélyson Orélien remportait le Prix du roman Fnac. Un compte X anonyme, « Balance ton Claude », avait mis en cause le roman en s’appuyant sur des analyses réalisées avec le détecteur d’IA Pangram. L’essayiste Samuel Fitoussi a confirmé sa participation à ce collectif, dont les autres membres restent anonymes.
L’affaire s’est ensuite élargie avec la révélation de plusieurs cas de plagiat concernant des textes publiés par l’auteur il y a plus d’une décennie. Des médias québécois, dont La Presse et Radio‑Canada, ont rapporté qu’une chronique publiée en 2013 aurait repris et traduit un article philippin, tandis qu’une nouvelle récompensée en 2012 comportait des passages issus de Le Matin des magiciens (1960).
Les conséquences se sont rapidement fait sentir au Canada : les Éditions du Boréal ont suspendu les activités promotionnelles liées à l’auteur, et le Salon du livre de l’Estrie a retiré son invitation comme invité d’honneur. En France, Thélyson Orélien a poursuivi sa tournée avant d’indiquer qu’il souhaitait s’exprimer lorsque la situation serait plus calme. Il a dénoncé des attaques qu’il considère comme racistes et une volonté de réduire sa parole au silence.
Publié chez Grasset en France et au Boréal au Canada, « C’était ça ou mourir » avait pourtant bénéficié d’un accueil favorable lors de la rentrée littéraire. Le roman, consacré au périple d’un professeur d’histoire‑géographie fuyant un pays confronté à la violence des gangs, avait remporté le Prix du roman Fnac et suscité l’intérêt de plusieurs éditeurs étrangers.
Le retrait du Goncourt intervient alors que le livre figurait encore dans les sélections du Femina et du Médicis. L’affaire ouvre un débat plus large sur l’usage de l’intelligence artificielle dans la littérature et sur les règles encadrant son recours dans le processus de création.
Louis Souze Kaïna
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