Aujourd’hui encore, je me sens en veine de discuter d’un sujet qui choque, et quelquefois qui fâche: l’utilisation ou non de ce produit en latex ! Mais, comme il convient avant toute discussion de parler le même langage, je vais d’abord donner une définition de mon cru du préservatif. Puis je vous inviterai à en tirer les avantages et les inconvénients. La réflexion qui suivra essayera de déterminer si oui ou non il faut en faire la promotion…
Le préservatif, je le définis avant tout comme étant une barrière imperméable aux humeurs, terme élégant, bien que désuet, employé jadis pour parler des sécrétions que les orifices incriminés, que je me garde de nommer, produisent lors d’une joute amoureuse. Cette barrière doit aussi protéger contre les infections sexuellement transmissibles (IST) sans toutefois être un obstacle au plaisir que souhaitent bien prendre les deux partenaires, car j’occulte ici tout acte sexuel ne résultant pas d’un commun accord de deux être épris émotionnellement au plus, physiquement au moins, l’un de l’autre. Fait le plus souvent en latex, il isole l’organe copulatoire mâle, soit en lui étant solidaire pour le produit des hommes, soit en tapissant la correspondante copulatrice femelle pour celles qui sont plutôt adeptes du préservatif pour femme. Le tout aboutit à une espèce de coït par latex interposé, où les partenaires sont liés par une intimité factice. Ceci ne devant pas être un grand mal, vu que nous vivons dans un monde où le virtuel et le réel sont inextricablement imbriqués l’un dans l’autre… (faudrait peut-être que j’arrête de finir mes paragraphes par trois points de suspension !)
Bon! Allons gaiement voir les avantages de cet instrument. Il prévient tout d’abord l’arrivée inopportune et impromptue de ce petit chérubin aptère appelé bébé. Il s’oppose au partage des virus, bactéries et autres micro-organismes nuisibles qu’il serait de bon ton de conserver pour soi. Cependant, il n’empêche pas la migration de parasites plus gros, genre ptirius inguinalis, le fameux pou pubien, plus communément connu sous l’inélégant vocable de morpion. Pour les adeptes des brèves performances lagomorphes, autrement dit ceux qui baisent comme des lapins, phénomène scientifiquement appelé éjaculation précoce, notre savoureux bonjou pwèl (remarquez que pour le gars Clinton, ce serait plutôt bonjou rad, comme qui dirait il existe toujours un pire que soi). Donc, pour les fanas de la minute de plaisir, en diminuant les sensations, il leur permet une performance qui ne sera plus ponctué par une moue déçue d’une belle frustrée par ébats éphémères (waouh ! je sens que je suis en train de me surpasser). Mais passons au côté obscur de la force (vive Star Wars !).
Pour les désavantages, je les groupe en techniques et éthiques, et sans transition voyons les défaillances techniques. Tout d’abord, il me faut citer l’avantage des rapides qui défavorise les autres : un déficit de sensations. Si on l’utilise mal, il peut sortir prématurément et même se déchirer; mais surtout il provoque une pause lors de sa pose !
Voyons le point de vue éthique. L’usage du préservatif s’accompagne de collatéraux que la morale chrétienne exècre : une libéralisation de la pratique sexuelle, une gestion des grossesses alors qu’elle devrait être du domaine divin. Ce n’est plus Dieu qui décide, mais le couple. Les chefs religieux ne veulent pas laisser au croyant trop de liberté et surtout la liberté de sexe, d’autant qu’ils l’interdisent à eux-mêmes ! Il est évident que ce qu’ils ne peuvent avoir, ils ne vont pas le laisser aux autres !
Le préservatif a pour ainsi dire désacralisé l’acte sexuel en priorisant plutôt une action de protection, alors qu’il devrait plutôt être un geste d’amour, cet amour qui fait de l’homme la créature privilégiée du Dieu-amour. L’homme peut aimer grâce à cette portion de divin qui l’anime et en fait son ressemblant !
Mais, pour finir, le préservatif augmente les comportements à risque. Cela a été prouvé, et, comme exemple, on cite l’invention de la ceinture de sécurité : se sentant sécurisés, la plupart des chauffeurs conduisent plus vite et ne la boudent pas…
Et maintenant que conclure ? Tout simplement que le problème ne peut se focaliser sur l’instrument, mais plutôt sur son utilisateur. Un fusil est fait pour donner la mort, mais s’il sacrifie le gibier pour fournir de la bonne chair pour le repas, il est bénéfique. Le préservatif doit donc servir et non pas asservir, et la réponse pour son utilisation se trouve au sein de chacun de nous. A nous donc de l’utiliser à bon escient !

