Trois ans après son arrivée à la tête de Nokia, le canadien Stephen Elop a cédé l’ancien numéro un mondial des téléphones mobiles à son ancien employeur, le géant américain Microsoft pour 5,44 milliards d’euros. Payés en cash, la transaction serait bouclée à la fin du premier trimestre de 2014.
Le finlandais Nokia va dégager une plus-value de 3,2 milliards d’euros. Depuis des années, sa division mobile a perdu de sa superbe. L’ancienne star des téléphones mobiles, avec près de 40 % du marché mondial au milieu des années 2000, a raté le virage des smartphones. Il s’est fait distancer par Apple, qui a lancé l’iPhone en 2007, puis par Google qui a développé le système d’exploitation Android qui équipe désormais plus de la moitié des smartphones vendus dans le monde. De ce fait, en arrivant à la tête de Nokia, en septembre 2010, Stephen Elop, transfuge de Microsoft, a élaboré une nouvelle stratégie. Il a décidé d’utiliser pour les smartphones de la gamme Lumia de Nokia exclusivement les logiciels de Microsoft, en échange de compensation financière de «plusieurs milliards d’euros». La cession qui vient d’être annoncée est la conséquence directe de cette stratégie, qui avait conduit Nokia a céder ses logiciels Symbian.
Le plus grand employeur de Finlande
Nokia va transférer 32.000 salariés à Microsoft et environ la moitié de son chiffre d’affaires réalisés en 2012, soit 14,9 milliards d’euros. Microsoft va notamment récupérer 4.700 salariés en Finlande et les usines du groupe scandinave dédiées au mobile, notamment une usine géante en Chine.
Nokia est une entreprise hautement symbolique en Finlande. C’est le groupe le plus international, c’est le plus grand employeur, et surtout, Nokia au temps de sa splendeur a représenté jusqu’à 4 % du PIB de la Finlande.
De plus, Microsoft aura le droit d’utiliser la marque Nokia pendant dix ans. Cette cession marque une nouvelle offensive du géant américain des logiciels de se renforcer dans les appareils high tech, après avoir réussi à s’implanter uniquement sur les consoles de jeux de vidéo.
Le Figaro

