La manifestation des organisations populaires proches de Fanmi Lavalas initialement prévue pour se terminer ce vendredi devant l’ambassade des Etats-Unis à Tabarre, finira de préférence avec un sit-in à la ruelle Vaillant au centre de la capitale (Port-au-Prince).
C’est à la ruelle Vaillant que des individus armés ont noyé dans le sang, le 29 novembre 1987, ce qui promettait d’être les premières élections libres honnêtes et démocratiques après le départ de Jean-Claude Duvalier Duvalier le 7 février 1986.
L’organisation politique Fanmi Lalavas a jugé plus opportun de rendre hommage et de réclamer justice pour les victimes, 26 ans après la tuerie qui a fait des dizaines de morts, des électeurs qui étaient en rang pour aller déposer leur bulletin de vote.
Parmi les victimes figuraient aussi un journaliste dominicain, Carlos Grullon, qui voulait couvrir la journée électorale avortée.
Toutes les organisations impliquées dans les mouvements visant à faire respecter les droits démocratiques de la population haïtienne, (MONOP, MOPOD, Grand Bel-Air, FOPARK et autres) ont décidé, après concertation de s’aligner sur la consigne de Fanmi lavalas, la principale organisation politique du pays.
Le Mouvement National de l’opposition populaire (Monop), soutient l’organisation du sit-in du 29 novembre.
Son porte-parole André Fadot affirme que ce sera l’occasion de réclamer justice et réparation en faveur des victimes et leurs proches mais aussi pour dénoncer ce qu’il appelle les dérives du président Michel Martelly.
André Fadot appelle la police nationale à assumer ses responsabilités en assurant la sécurité des manifestants.
Pour le responsable de FOPARK, Rony Timothée, si le lieu du sit-in a changé, les revendications des organisations populaires restent les mêmes. Il a fait savoir que les militants Lavalas seront dans les rues pour continuer de réclamer le départ du président Michel Martelly dont le régime symbolise, selon lui, la terreur et la faim.
De son coté, Ansyto Félix, porte-parole de la commission mobilisation de Fanmi Lavalas informe qu’une gerbe de fleurs sera déposée sur le lieu du massacre, de manière à honorer la mémoire des disparus.
Il a renouvelé la volonté de l’organisation de continuer à soutenir les revendications de la population qui réclame des changements au sommet de l’Etat.
En dépit de la position exprimée par les différentes organisations, le sénateur Moïse Jean Charles serait décidé jusqu’ici à faire cavalier seul et à se rendre devant l’ambassade des Etats-Unis.
Ce que les secteurs de la base considèrent comme faisant partie d’une tentative de sape et de division des organisations populaires.
AHP

