Dans le secteur high-tech, tout le monde ne parle que de smartphones, de tablettes, de phablets. Mais si l’avenir – proche – était franchement ailleurs ? On attendait Apple sur une télévision, il paraît que le géant californien travaille sur un projet de montre. Pour cette année. Et que ce ne serait pas du tout un gadget, mais une affaire très sérieuse.
Selon la presse anglo-saxonne (Le New York Times, Le Wall Street Journal), une centaine de personnes, au siège du groupe, à Cupertino, planchent sur le sujet. Il s’agirait d’une montre connectée qui permettrait de contrôler les autres terminaux du groupe et de donner des informations de santé sur celui (celle) qui la porte. Les journalistes ont relevé, il y a quelques jours, que des brevets notamment concernant un écran courbe auraient été obtenus par Apple, ce qui a relancé les conjectures de plus belle.
Le projet paraît un peu loufoque, en tout cas, totalement à rebours de la tendance à l’élargissement des écrans, notamment des smartphones. Pourtant, les experts ont l’air de prendre l’affaire à coeur. Après tout, le marché a récemment vu débarquer une foule de petits appareils connectés, mi-podomètres, mi-petits outils de cardiologie (ceux de l’américain Fitbit ou du français Withings par exemple). De fait, le développement du numérique dans la santé offre des perspectives considérables en terme d’usages…
Google, autre mastodonte du secteur, équipe désormais 7 smartphones sur 10 avec son système d’exploitation Android. Mais Sergey Brin, son cofondateur, ne jure plus que par les Google Glass qu’il chausse, visiblement, en toutes occasions. Un article amusant, néanmoins très instructif, du magazine Forbes, relate qu’il a assisté, la semaine dernière, au lancement d’un prix de médecine, à l’université de Californie, doté de cet accessoire de tête. Il se serait isolé dans un coin de l’amphithéâtre, à la fin de la conférence, avec Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, pourtant un concurrent direct, mais qui semblait mourir d’envie d’avoir ses lunettes…
Quelques mois plus tôt, on avait vu ces lunettes connectées à Internet, qui permettent de “voir” le monde autour de soi en réalité augmentée, sur le nez de la créatrice de vêtements Diane Von Fürstenberg. C’était lors de son défilé printemps-été 2013, à la Fashion Week de New York, en septembre 2012 (voir le portrait dans le HuffingtonPost, de cette “geekette” de 65 ans ou plus). Sur le portfolio associé à l’article, on voit même Sarah Jessica Parker, de la série “Sex and the City”, les essayer…
Toujours est-il que cet accessoire n’a pas l’air du tout considéré, chez Google, comme un passe-temps de milliardaire ou un gadget pour draguer les stars du show-biz et de la mode. Ce serait même une des futures interfaces “utilisateurs” que privilégie le groupe, qui succédera aux écrans tactiles dans peut-être moins de temps qu’on ne le pense. C’est aussi l’opinion d’analystes et de spécialistes très sérieux du secteur. Google vient de mettre sur les rails un programme de “testeurs” privilégiés (le “Glass Explorer Program”, lancé la semaine dernière), pour l’instant, uniquement aux Etats-Unis. Pour avoir le droit d’essayer les lunettes, il faut même payer 1 500 euros. Ce sera peut-être le prix auquel Google mettra les “binocles” en vente dans quelques mois.
Source: lemonde.fr


