Marie Gessy Cameau Coicou n’a pas fait attendre ses réactions contre les allégations de la Mission onusienne en Haïti. L’ex-porte parole de la PNH sous la présidence de Boniface Alexandre et le gouvernement de Gérard Latortue, voit en cette liste une atteinte à sa famille, à son honneur ainsi qu’à sa dignité. Dans une correspondance en date du 5 novembre dernier retraçant son parcours au sein de l’institution policière, le docteur Coicou précise avoir intégré la PNH en 1998 suite à un avis de recrutement paru dans le journal Le Nouvelliste.
« Jai participé à un concours et j’ai suivi une formation au terme de laquelle j’ai été diplômée avec le grade de Commissaire de Police », s’est-elle défendue.
« Lors de mon passage à l’Inspection générale de la PNH, j’ai collaboré avec les membres de la Minustah, responsables du vetting. A cette époque, je leur ai proposé de faire mon vetting d’abord pour rassurer le reste de l’institution (la base) et leur prouver que cet exercice visait le bien de la Police. Effectivement, j’ai produit à la Minustah tous les documents qui m’étaient réclamés. Après cela, je n’ai pas eu de nouvelles de l’équipe chargée de cette enquête, a-t-elle ajouté.
Notons que d’autres policiers indexés dans cette affaire, s’apprêtent à faire appel de la décision des responsables de la PNH visant leur révocation pour les faits mentionnés dans cette fameuse liste. Selon le rapport de vetting produit conjointement par la minustah et la PNH, ces policiers sont accusés : d’usage de faux, enrichissement illicite, implication dans des activités criminelles, viol, vol à main armée et présentation de faux certificats de fin d’études secondaires entre autres.
Lien avec l’Affaire Brandt
Cette liste serait-elle liée à l’Affaire Brandt ? Non, selon le directeur général et l’inspecteur général de la Police nationale. « La publication de cette liste n’a rien à voir avec ce dossier. C’est le résultat d’une enquête réalisée par la mission onusienne et l’institution policière », disent-ils.
« Ce travail débuté en 2006 d’un commun accord avec la minustah, doit continuer », ont poursuivi Godson Orélus et Abner Vilmé. Cependant, ils assimilent à une fuite en avant, la publication de la liste des 79 policiers à l’insu de la PNH. Liste, pourtant, signée par Me Jean Renel Sénatus, ministre de la Justice et les membres du haut état major de la police.
Plusieurs entités, notamment la Minustah, des organismes de défenses de droits humains ainsi que la PNH détiennent les copies de cette liste. La fuite peut venir de n’importe où. Godson Aurélus a informé que l’enquête pour déterminer les responsables de cette publication clandestine, est facile à mener. Les résultats sont donc attendus sous peu.
Entre-temps, la population s’inquiète. D’autant que l’affaire Clifford Brandt avait déjà sévèrement entamé l’image de l’institution policière. Il revient donc aux autorités policières d’établir l’origine de la fuite et à qui a-t-elle profité ? Voilà un nouveau défi.
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