Le pasteur haïtien Eddy Noelsaint, 54 ans, a été condamné le vendredi 11 septembre 2026 à 30 ans de prison pour des agressions sexuelles commises sur une fidèle de son église dans le comté d’Osceola, Floride.
Responsable de l’Église Évangélique de la Restauration, implantée à Orlando et Kissimmee, Noelsaint avait été reconnu coupable en juillet 2026 de plusieurs chefs d’accusation d’agression sexuelle. L’affaire concerne une fidèle qui s’était tournée vers lui pour un accompagnement spirituel.
Selon Orlando Sentinel, la victime s’était rendue au domicile du pasteur à Kissimmee en 2022 pour participer à une cérémonie présentée comme un « réveil spirituel ».
D’après son témoignage et les rapports des enquêteurs, Noelsaint lui aurait administré des substances destinées à l’affaiblir avant de l’agresser sexuellement. Quelques mois plus tard, elle aurait subi une seconde agression.
Lors de l’audience, la fidèle a témoigné, par l’intermédiaire d’un interprète créole, des conséquences de ces faits sur sa vie : difficultés professionnelles liées à sa détresse émotionnelle, souffrance psychologique prolongée, isolement et pensées suicidaires.
Le pasteur nie les faits
À la barre, Eddy Noelsaint a nié les accusations, affirmant que la victime mentait. Il a demandé au juge Hal Epperson d’examiner deux enregistrements WhatsApp qu’il estimait favorables à sa défense. Le procureur et l’avocat de la défense ont confirmé leur existence, mais la défense avait choisi de ne pas les présenter comme preuves au procès.
Le juge Epperson a finalement prononcé deux peines de 30 ans de prison à purger simultanément, soit une peine effective de 30 ans. Le parquet avait demandé des peines consécutives, ce qui aurait porté la durée totale à 60 ans.
Arrêté en 2023, Noelsaint avait passé environ trois ans et demi en détention dans l’attente de son procès. Bien qu’une caution de 100 000 dollars ait été fixée, il est resté incarcéré jusqu’au verdict de culpabilité en juillet 2026. Le temps déjà passé en détention pourra être pris en compte dans le calcul de sa peine.
Après l’audience, la procureure de l’État Monique Worrell a estimé que la condamnation reflétait la gravité des faits : « Aujourd’hui, la responsabilité a été établie », a‑t‑elle déclaré, soulignant la nécessité de protéger d’autres victimes potentielles.
La procureure Jennifer Synnamon a insisté sur la dimension religieuse de l’affaire : « Il a absolument trahi quelque chose d’aussi précieux que la foi », a‑t‑elle affirmé, ajoutant que les 30 années de prison ne sauraient effacer les séquelles laissées à la victime.
Cette condamnation met ainsi fin au volet judiciaire de l’affaire, après plusieurs années marquées par les accusations, le procès et le témoignage de la victime devant la justice du comté d’Osceola.
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