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“Fè wana mache” une abomination musicale

Mag Haiti by Mag Haiti
November 9, 2012
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Le fait musical constitue un domaine d’intérêt pour nombre de chercheurs en sciences humaines et sociales. Sociologues, musicologues, anthropologues, psychologues s’interrogent tantôt sur la finalité du phénomène de la musique dans l’espace social, tantôt sur son processus de création, son évolution et sa réception, mais aussi sur sa représentation individuelle et sociale. Dans l’espace musical haïtien, le phénomène rap  constitue, avec d’autres styles musicaux importés, un fait social digne d’un regard conscient et engagé.

Le champ musical en Haïti, notamment le secteur rap et « musiques actuelles », est marqué par un phénomène devenu à la mode. Il consiste à procéder à des « innovations » linguistiques que répètent religieusement un certain nombre de nos jeunes écoliers et écolières, ainsi que d’autres membres de la population. Dénués de tout sens critique leur permettant de produire une remise en question face à ces « créations », nos jeunes avalent et récitent comme le « Notre Père » un ensemble de slogans et de textes d’une débilité incontestée.

Arrêtons-nous un peu sur les modèles artistiques et linguistiques (puisqu’ils sont aussi « néologues ») de notre jeunesse actuelle. Considérons tout d’abord une partie du texte de la chanson du moment : Fè wana mache:

“Fe wana mache, fe wana vole, fè wana ponpe, fè wana vòltije

Depi manzè fin bwè toro w, fè l mache

Manzè fin bwè ragaman ou, fè l mache

Li fin manje pen a manba w, fè l mache

Manzè fin bwè ji alaska w, fè l mache”
…

Ce texte est assez représentatif du niveau de la création artistique de la majorité de nos « faiseurs de tube » en Haïti.  D’abord dans sa composition, dans son expression, mais aussi dans le message qu’il véhicule. Du point de vue de la forme et de celui du fond, le texte est en lui-même la négation de l’art (instructif). A côté du fait que le texte est poétiquement nullissime, il est incohérent et contradictoire. Il s’agit de plusieurs groupes de phrases sans rapport logique prônant, entre autres, la marchandisation du sexe ( wana est une jeune fille qui doit se faire baiser, pour dire les choses clairement, en échange d’un Toro, d’un Ragaman ou d’un pen a manba). Et au cas où, wana ne voudrait pas se faire « sauter », notre fameux DJ suggère des moyens violents pour l’y contraindre et, en plus,  la faire souffrir ( zo reken, polis kouche, kat jiga, moso boutèy, fil de fè, grenn madjòk). Le sexe, approché ici d’une manière brutale, est donc un moyen qu’utilise le jeune homme pour matérialiser sa domination sur la jeune fille : à travers une séquence de la musique, on entend des bruits de coup de fouet suivis de « nan tèt wana, nan mouda wana, nan do wana ». Objet sexuel pour satisfaire le désir phallocratique du jeune homme, la jeune fille perd son identité en tant qu’humain. C’est pourquoi les propos violents, chosifiants et sexistes à l’endroit de la femme contenus dans le texte ne choquent pratiquement personne dans le public visé par la chanson (y compris les victimes, les filles !). Rien de plus normal qu’une fois que wana ait fini de manger le pen a manba, elle se fasse « raboure ». Il s’agit donc du reflet d’une conception particulière du rapport homme-femme qui fait que la survie ou la réussite de celle-ci passe nécessairement par la marchandisation de son corps. Cette mentalité trouve son illustration dans les pratiques quotidiennes et sa légitimation dans le discours ambiant : « Fanm fèt ak tout richès li [fant janm li] ». Intériorisée, cette conception modèle malheureusement le comportement de beaucoup de nos jeunes filles qui ne peuvent pas s’empêcher d’imaginer leur avenir sans penser à l’aide éventuelle d’un homme. Ainsi, participent-elles à l’entretien de cette mentalité qui voit dans le sexe un moyen comme d’autres d’échanger des biens et des services, celle-ci est bien évidemment généralisée et accentuée par la dépravation des mœurs poussée par l’ultra-libéralisme.  Pour revenir à nos moutons, terminons cette digression  sociologique en disant que le texte n’est qu’un ramassis de lieux communs véhiculés dans la société, et paraphrasons J. Attali (Bruits, 1977) en soutenant que la musique, tout comme toute création artistique, n’est que le reflet de la société globale ; elle permet de comprendre l’organisation économique et idéologique de celle-ci.

Nous disions que le texte est tout aussi incohérent que contradictoire. Curieusement, le contenu de la chanson que l’on vient de considérer comme l’expression d’une misogynie crue ne semble pas correspondre à cette définition, puisqu’à travers ce même texte, la femme est présentée sous un autre jour : « respè pou tout fanm ki kwè nan tèt yo ». C’est un changement intelligent de discours mais révélateur des considérations que nous faisons jusque-là sur le texte : cachant son discours méprisant à l’égard des femmes, le « DJ » s’empresse d’ajouter cette petite « phrase d’hommage » qui finalement ne représente rien: puisqu’elle est noyée dans une vaste étendue de propos dénigrants. De plus, le DJ-chanteur dresse deux images incompatibles de wana. Il donne l’impression au début de la chanson que wana est une fille nécessiteuse qui se fait baiser pour un pen a manba, mais le tube se termine en faisant de wana la femme d’un «atis », d’un « DJ». ( siw pa madan DJ ou pa ka wana, siw pa madan atis ou pa ka wana). Du coup, « wana » est entouré d’un flou conceptuel total. Tantôt wana renvoie à la femme en général, tantôt à une « catégorie » de femmes ; tantôt wana est une jeune fille défavorisée qu’il faut violenter, tantôt c’est la copine d’une « star »… On ne comprend plus rien !

La mélodie, digne d’un tube de party à l’américaine, est une catastrophe du point de vue de la création musicale. Elle est constituée du même son du début à la fin. En fait, elle n’a rien d’attirant, sauf bien sûr pour faire bouger les reins de notre jeunesse de Zo Kiki, rabòday dans des « pwogram Ti sourit » ou pour « percer » le tympan des passagers des bwa fouye dans le transport en commun. Le DJ n’a rien inventé, ce qu’il appelle « sa » musique est, en réalité, une combinaison de quelques sons disponibles sur internet ou réalisés à partir de certains logiciels. En clair, le DJ n’est qu’un simple soumis intégral à l’américanisation de la tendance musicale dominante chez les jeunes, il n’a rien créé.

Ces considérations sont aussi valables pour le rap kreyòl. Hormis certaines rares exceptions, les textes de musique rap sont aussi débiles que le contenu de la chanson que nous venons de considérer. Le rap, genre musical créé dans les ghettos américains, a été à l’origine un mouvement contestataire qui s’est servi de l’art musical comme moyen d’expression. Il s’agissait d’un mouvement antisystème qui se proposait de dénoncer les inégalités sociales. Mais il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que le rap passe de l’autre côté de la barricade en se laissant intégrer au système qu’il dénonçait. D’un rap engagé politiquement, le rap devient un mouvement purement festif, avec quelques exceptions bien sûr. Les thèmes dominants ne sont plus les problèmes sociaux, mais l’exaltation de la société de consommation et l’individualisme poussé. Les chansons parlent de l’argent, du sexe, de la drogue, de la violence, etc. En Haïti, ce qu’on appelle malencontreusement le rap kreyòl, en tant que transplantation du rap américain, souffre du même problème. Le rap créolisé est essentiellement un rap divertissant et récréatif. Les rappeurs engagés sont extrêmement minoritaires. L’immense majorité s’intègre au système. Les vidéoclips mettent en avant les femmes nues, l’argent ;  les textes du sexisme, de la violence, de la fanfaronnade. Il n’est pas rare de trouver des rappeurs qui font de la « pub » dans leur musique  −consciemment ou inconsciemment d’ailleurs. En vantant gratuitement une marque de chaussures, de vêtements ou de voiture, le rappeur se fait l’idiot utile du système qu’il devrait dénoncer. Le rap consolide alors l’ordre social établi et exerce donc un « effet de consécration » de l’organisation socio-économique de la société. La récupération des rappeurs-soumis par l’idéologie dominante dans la société s’accompagne du boycottage des rappeurs-rebelles. Par exemple, récemment le Parlement haïtien a choisi de récompenser Izolan, un rappeur très populaire mais d’une médiocrité à peine soutenable, alors qu’il existe d’autres rappeurs d’un niveau bien supérieur. Le choix d’Izolan est symptomatique de cette dénaturation du mouvement rap et de son incorporation  dans l’appareil social dont il devient un garant parmi d’autres.

Toujours dans une logique d’évaluation, considérons brièvement les textes de nos rappeurs de nos jours. Les rappeurs ont un discours qui sert davantage à flatter leur égo surdimensionné qu’à agir positivement sur le public. Chacun se vante d’être « le top » en se renfermant dans son petit monde à lui, mais en réalité, ils sont tous pareils, leur production est incroyablement lamentable. On y retrouve un narcissisme exacerbé qui cache, au fond, un profond mal-être : ce sont, dans l’ensemble, des jeunes issus des quartiers défavorisés, souvent en échec scolaire ou en cours de scolarisation… Ils privilégient la dimension festive et commerciale de la musique au détriment de sa fonction artistique qu’ils ignorent pour la plupart ; or le rap, acronyme de Rythm And Poetry, a aussi et surtout une fonction poétique au même titre que le slam, par exemple. Leur maigre capital cognitif explique l’extrême pauvreté de leur texte : rime défectueuse, jeu de mots de très bas niveau, discours stéréotypés, vocabulaire extrêmement réduit… Par contre, tout n’est pas noir sur le tableau, c’est le cas de le dire, il y en a qui se révèlent assez talentueux ; ceux-ci, utilisent le rap plutôt dans sa fonction de contestation et dans un but d’abord artistique sans écarter le divertissement dont il ne faut pas ignorer la portée. Mais malheureusement ceux qui font du « rap conscient » n’intéressent pas notre public.

Que faire ? L’état de délabrement de nos productions artistiques en matière de musique est à l’image de notre jeunesse et de la société en général. Toute élévation de la société entraîne automatiquement une élévation de l’art. Il faut une volonté politique en matière artistique qui mettre l’accent sur la valorisation des compétences dans le pays : donner une plus grande visibilité aux plus capables, ce qui tirera la société vers le haut. Il faut une véritable politique d’éducation qui autonomisera nos jeunes en développant chez eux le sens critique.  Fè Wana mache ne serait pas sur les lèvres de nos jeunes filles, si celles-ci n’étaient pas de véritables pompes aspirantes qui ne font qu’absorber sans trier, vu que le texte en lui-même est une atteinte à leur dignité. Notre jeunesse est prête à avaler tout et n’importe quoi sous l’effet d’une quelconque musique de boite de nuit, la popularité du tube en question le confirme. Il faut, par ailleurs, un vrai travail d’inculcation de la valeur du travail, de l’effort et du mérite à nos jeunes. (Lekòl pa bay !) Ceux-ci se laissent trop souvent emporter par la tentation de la facilité, compte tenu du train de vie que leur impose la société de consommation.

L’absence de ces valeurs développe en eux une culture de fatalité, et donc une attitude déresponsabilisante envers leur propre avenir, mais également envers le pays. D’où la nécessité de « réparer » la société à travers une moralisation laïcisée axée particulièrement sur l’enseignement des valeurs républicaines à nos écoliers et écolières. Un tel travail ne peut être effectif que dans la mesure où nos décideurs politiques n’ont pas leur intérêt dans l’état actuel de notre jeunesse. Et à l’évidence, ce n’est pas le cas. Donc, Fè Wana mache est loin d’être la dernière bêtise élevée au rang de chef-d’œuvre que produit la société.

Josué Muscadin
Source: http://www.lenouvelliste.com/article4.php?newsid=110496
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