Après la raclée de l’aller, le PSG n’a pas su hisser son jeu au même niveau d’exigence face à Anderlecht (1-1). Un relâchement tout ce qu’il y a de plus humain.
Le jeu : Trop peu pour espérer plus
Certains en doutaient, d’autres le craignaient ou l’espéraient. Mais non, le Paris Saint-Germain n’est pas une machine. Les actifs du club de la capitale sont constitués de chair et d’os et, aussi talentueux soient-ils, ceux-ci n’ont pas de bouton “on” pour se mettre en ordre de marche quand on leur demande de le faire. Il y a des soirs comme ça… Des soirs où ça ne veut pas. Où la tête et les jambes ne fonctionnent pas sur le même tempo. Il y a quinze jours, tout s’était parfaitement goupillé. Trop bien d’ailleurs pour que les Parisiens entrent mardi sur le pré avec le même niveau de concentration et d’implication. C’est humain. Et ce n’est probablement pas intentionnel. Mais c’est arrivé.
Durant l’essentiel du match, Paris a joué sur un tempo que l’on qualifiera de très modéré. Trop d’ailleurs. Souvent, les Parisiens se sont enfoncés dans l’axe, comme du liquide dans un entonnoir et ont été cueillis par des Belges qui, il faut bien le reconnaitre, ont également élevé leur jeu comparé à l’aller. Bien plus mordants et impliqués dans un pressing plutôt audacieux, les hommes de Van den Brom ont gêné un PSG qui ne l’aurait pas été plus que cela s’il avait évolué à son niveau habituel. On l’a d’ailleurs vu sur de rares fulgurances. Quand les hommes de Blanc parvenaient à accélérer, ils mettaient constamment à mal le bloc d’Anderlecht. Ce n’est pas arrivé beaucoup de fois. Ceci explique cela.

Les joueurs : Thiago Motta au-dessus du lot, Zlatan par intermittence
Comme souvent en Ligue des champions, Thiago Motta a fait du Thiago Motta. L’international italien, par son travail et surtout sa qualité de passe, a rayonné sur l’entrejeu. Il est bien le seul quand ses partenaires ont ressemblé à des intermittents du spectacle. Si Blaise Matuidi s’est dépensé sans compter (comme d’habitude), il n’a pas toujours pesé. Zlatan Ibrahimovic n’était pas non plus dans un grand soir. Le Suédois a marqué, aurait pu faire marquer, mais a globalement joué par à-coups. Et manqué d’engagement dans l’impact. Pour preuve, Ibra a perdu tous ses duels (10) face aux Belges. Rarissime. Lucas et Lavezzi, eux, en ont gagné mais oublié de conclure quand ils le pouvaient. Rédhibitoire. Seule bonne nouvelle de la soirée, le retour de Thiago Silva qui a joué une grosse demi-heure et aurait pu inscrire le but de la victoire dans les arrêts de jeu. L’histoire eut été belle.
La stat : 26
Si le PSG a besoin de se consoler, il peut se dire qu’il a battu un record, mardi soir. En alignant une 26e rencontre de suite sans défaite à domicile en coupes d’Europe, le club parisien s’empare seul d’un record honorifique qu’il partageait jusqu’ici avec l’Olympique de Marseille, qui n’avait connu aucun revers au Vélodrome sur le front européen entre 1989 et 1999.
Le tournant qui n’a pas eu lieu
Cette saison en Ligue des champions, le PSG n’a jamais traîné pour ouvrir le score. Son premier but le plus tardif, Paris l’a inscrit face à l’Olympiakos après 19 minutes de jeu. A Anderlecht, Zlatan avait marqué après 5 minutes de jeu. Au Parc, Ezequiel Lavezzi aurait pu l’imiter à la 6e. Sur une lumineuse ouverture de Thiago Motta, l’Argentin s’est élevé et a repris le ballon de la tête. Malheureusement pour lui, pour Paris et le Parc des Princes, le ballon est allé mourir hors du cadre.

Le tweet qui nous a fait sourire
Il y avait une star dans les tribunes du Parc des Princes. Leonardo Di Caprio. L’acteur était facilement reconnaissable avec ses lunettes de soleil. Stéphane Kohler, lui, l’a également vu à Everton dimanche. Et vous ?
La question : Au fait, ça change quoi pour Paris ?
Franchement, pas grand-chose. On ne va pas vous faire croire que ce Paris Saint-Germain est suffisant. Le PSG a peut-être pris un peu de haut Anderlecht mais, après la raclée de l’aller, peu d’équipes auraient réussi à maintenir un même niveau d’implication. En tout cas, Paris n’y est pas parvenu et devra attendre le 27 novembre pour décrocher une qualification en huitièmes de finale qui lui tend toujours autant les bras. On ne va pas se mentir, avec 10 points, et six longueurs d’avance sur Benfica, troisième, les hommes de Laurent Blanc sont à l’abri. Le “Président” va juste devoir veiller à ce que ce faux rythme ne s’installe pas dans les têtes et dans les jambes parisiennes. Dès samedi face à Nice, Paris devra faire mieux et montrer son autre visage. Ce PSG-là, construit pour briller, n’a pas le choix.

