Port-au-Prince – 23 juin 2014 — L’organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) annonce le lundi 23 juin, l’envoi d’une mission technique « dans les mois qui viennent » pour évaluer l’authenticité d’une épave qui semble être celle de Santa Maria. Cette annonce est faite en réponse à la demande exprimée par le gouvernement haïtien d’une assistance technique de l’Unesco suite à la découverte d’une épave qui pourrait être celle de la Santa Maria de Christophe Colomb un des constituants du patrimoine immergé au large de la ville de Cap-Haïtien, au nord d’Haïti.
Le contexte de l’arrivée de cette mission rentre dans le cadre de la création d’une commission de suivi de haut niveau comportant des spécialistes haïtiens, de l’Unesco et de l’explorateur Barry Clifford, annoncé il y a près d’un mois soit le 28 mai, par le premier ministre haïtien Laurent Salvador Lamothe via Twitter.
Dans une lettre en date du 12 juin, la ministre haïtienne de la Culture, Monique Rocourt, a sollicité l’appui du Conseil scientifique de la Convention de cette institution sur la protection du patrimoine culturel subaquatique de 2001 pour solliciter l’envoi d’une mission d’experts sur le site.
L’épave de Santa Maria à bord du Christophe Colomb a fait son entrée en Amérique repose entre 3 et 5 mètres de fond, dans un endroit quelconque au Nord d’Haïti. Le bateau mesurait 25 mètres de long pour 8 mètres de large. Il pesait 102 tonnes et comportait un mat de 23 mètres. L’un des indices clés de cette découverte, est l’analyse d’un canon trouvé en 2003. Un Canon qui aurait disparu à l’instar d’autres objets de Santa Maria victime de pillages importants. Barry Clifford a déclaré que « la situation est urgente. Le bateau doit être renfloué le plus vite possible, car personne ne le surveille », a rapporté en mai dernier le quotidien haïtien Le Nouvelliste. Des « évidences », l’archéologue dit en disposer sur un possible pillage du navire insistant sur la nécessité que le gouvernement de ce pays de la Caraïbe protège ce matériel.
L’organisme mondial préoccupé
La Directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova a exprimé la préoccupation de l’organisation « au sujet du pillage des sites submergés situés au large des côtes haïtiennes» « Nous sommes aux côtés des autorités dans leurs luttes contre le trafic illicite du patrimoine subaquatique et j’encourage les Etats à joindre leurs efforts afin d’aider Haïti à retrouver la trace des objets volés sur ces sites archéologiques immergés, notamment celui qui va faire l’objet de la mission de l’Unesco », a-t-elle déclaré.
En mai dernier, l’explorateur sous-marin américain Barry Clifford avait affirmé avoir identifié l’épave de la Santa Maria, l’un des trois navires de Christophe Colomb lors de sa traversée de l’océan Atlantique. Une nouvelle qui a fait le tour des réseaux sociaux en quelques minutes et qui a suscité l’interrogation de certaines personnalités relatives à la véracité d’une telle découverte. La Santa Maria s’était abîmée sur des récifs au nord de la côte haïtienne avant de sombrer, le 25 décembre 1492, selon ce que rapportes certaines données historiques. Cette épave serait déjà été visitée en 2003 par plusieurs équipes d’explorateurs, dont celle de l’archéologue marin Barry Clifford. La même année, un canon datant du XVe siècle avait été repéré sur le site mais cette pièce a désormais disparu. Adoptée en 2001, la Convention sur le patrimoine culturel subaquatique de l’Unesco vise à assurer la protection et la préservation du patrimoine immergé et appuie la recherche et la coopération internationale dans ce cadre. Quarante-huit Etats, dont Haïti, ont déjà ratifiés cette convention engageant les signataires à préserver de ce genre de patrimoine, à refuser l’exploitation commerciale des sites et à lutter contre le trafic illicite des biens pillés.

