C’est officiel: Baoli Studio et WaveMaster Studios fusionnent. Sous le vocable ¨BW sounds¨, les deux studios s’unissent pour donner à la musique haïtienne, selon Carl-Fred, les moyens d’être plus professionnelle et de s’ouvrir au monde.
Décidémment, un buzz ne va jamais seul dans la vie de Ti Ansyto. L’homme aux multiples casquettes, en proie à des controverses depuis sa démission le 2 avril de son groupe Kreyòl La, refait l’actualité avec l’annonce du fusionnement de son studio WaveMaster Studios avec Baoli studio de Carl-Frédéric Behrmann
D’emblée, pour esquiver nos questions sur les rumeurs de son retour à son groupe soit peu de temps après sa démission , il nous lance le dicton ¨les linges sales se lavent en famille¨. Carl-Fred précise tout de go que la fusion de leurs studios ne profite en rien du buzz dont son ami fait l’objet actuellement. ¨On officialiserait, a-t-il fait savoir, ce partenariat avec ou sans cette histoire de départ de Kreyòl La puisqu’il est en gestation depuis longtemps¨
Ils nous présentent BW Sounds comme une fusion des studios Baoli et WaveMaster. Avant d’y arriver, nous devons souligner qu’ils se connaissent depuis l’époque où leurs groupes Top Digital et Dega existaient. Sous les regards du public, les deux hommes ont chacun de leur côté tracé leur route dans des sphères autres qu’un groupe. Carl a inventé Baoli Studio, une subdivision de Baoli Records tandis que son ami a monté WaveMaster Studios.
Le premier a toujours regardé le studio de l’autre comme étant accessible (situé au haut de Delmas), avant-gardiste parce qu’il a donné des ailes au rap créole et donne écho mieux que tout le monde aux tendances de la rue. Le deuxième, par contre, percevait l’autre comme le summum, l’inclassable, …C’est dans cette optique de conjuguer leurs forces et parer à leurs faiblesses que l’ idée de fusion a germé.
Carl-Fred nous confie que Baoli Studio, en dépit de son équipement au standard mondial(Il est doté d’un SSL board, le nec plus ultra en matière d’équipement d’enregistrement), tendait à passer pour un studio du dimanche. ¨On ne disposait pas d’un secrétariat, on n’avait pratiquement pas d’adresse; en plus, c’était sur rendez-vous que je recevais les artistes ou les groupes; c’était en soi une activité que je menais le soir après mon travail ¨, a-t-il raconté. En son for intérieur, il s’est donc demandé pourquoi laisser autant de moyens gaspiller dans un pays avec tant de besoin. De cette introspection, lui est venu en tête de mettre au service du grand public en quelque sorte la clientèle de WaveMaster, cette mine qui peut servir au pays. L’homme d’affaires a donc décidé depuis 2013 de confier ses équipements à Ti Ansyto qui a donc plus de temps et dont le dynamisme dans le domaine est fort reconnaissable, selon lui. Ce faisant, il sépare le studio du label éponyme qu’il continuera à gérer. D’ailleurs, il croit que d’une telle délégation de tâche, la musique haïtienne a tout à gagner. ¨Ti Ansyto, en tant que directeur général de BW Sounds, dit-il, se chargera de dénicher les talents qui méritent d’être rendus visibles sous mon label, j’aurai donc plus de temps pour étudier les stratégies de promotion, les débouchés¨. Concrètement, BW Sounds, c’est la conjugaison du service de 3 studios, c’est-à-dire les 2 de WaveMaster ajoutés à celui de Baoli. Le local de WaveMaster servira de secrétariat. Pas moins de 6 personnes composent l’équipe dont l’horaire de travail est très flexible mais les possibilités d’accepter des stagiaires sont fortement prises en compte. Carl-Fred exhorte vivement les artistes et les groupes en plein règne des T.I.C à utilliser Internet pour mieux bénéficier des services de BW. Jurant sur l’hyper-intercativité de leur site :bw-sounds.com, il assure que c’est un raccourci à leur service. ¨Le renseignement sur les prix, dit-il, l’envoi par mail de son démo, la prise de rendez-vous…sont possibles en remplissant une fiche très pratique¨.
Les deux partenaires disent être ouverts à toutes sortes de musiques. Si l’un a surtout fait du reggae avec Jean-Bernard Thomas, ou du world beat à la J.Perry, l’autre du rap créole, des méringues carnavalesques ou des spots publicitaires du genre Don Poyo avec Palito de Coco aux commandes, désormais le brassage sera plus ample.
BW Sounds se veut selon ses pères un studio qui propose une musique qui s’acommode aux standards internationaux. Carl-Fred a fermé les poings quand il dit s’engager pour donner du produit fini. Quid du prix? Il assure que c’est fortement accessible. Exit toutes discriminations en ce sens. L’homme, qui est l’un des rares Haïtiens à avoir les coordonnées du producteur de Jenifer Lopez sur son téléphone et pouvoir se pointer chez Sony pour proposer un artiste, se dit confiant que dans dix ans Haïti pourra disposer d’au moins de deux artistes sur le marché mondial. Ti Ansyto, lui, croit que dans 5 ans, ce sera déjà fait. Le lancement de BW Sounds est, à son avis, un grand pas franchi en ce sens.
Chancy Victorin via lenouvelliste.com

