Le 14 décembre 1899, un représentant du cinématographe Lumière, Joseph Filippi, de passage sur l’île, effectue la première projection publique au Petit séminaire. Le lendemain, il filme un incendie à Port-au-Prince.
Le cinématographe fait son apparition en Haïti pratiquement en même temps que dans les autres pays du monde. Aujourd’hui 115 ans après, le cinéma haïtien marque les pas sur place. Alors en 115 ans le cinéma aura fait plus de 600 milliards de dollars. Des écoles de cinéma s’ouvrent partout, des acteurs sont légendaires. Le petit comme le grand écran amène des millions et des millions de téléspectateurs à travers le monde.
Quant à nous en Haïti, qu’avons-nous fait depuis ces 115 dernières années ? Qu’est-ce que le cinéma nous a rapporté? Ou plutôt qu’est-ce que le cinéma nous a apporté ?
Tout au cours de ce dossier spécial, nous allons voir où en somme nous. Pourquoi nous en sommes la ? Et ou allons-nous ?
Après les années 80
La création et la production d’images dans les conditions sociales et économiques d’Haïti semblent pouvoir trouver une issue dans les médias légers et en particulier dans la vidéo. En effet, de nombreux producteurs indépendants, à côté de la télévision, qui continue à produire très peu, réalisent des tournages, en vidéo, de films de fiction ou des documentaires en un nombre qui dépasse nettement la production cinématographique proprement dite.
Arnold Antonin lui-même, depuis son retour en 1986, dans une première période, n’a réalisé que des vidéos institutionnelles ou éducatives, exception faite d’un court métrage sur Port-au-Prince intitulé La troisième guerre mondiale a déjà eu lieu (1996). À partir de 1999, il se lance avec l’équipe du Centre Pétion-Bolivar, dont Oldy Auguste (caméra et montage) et Mathieu Painvier, assistant de production, dans la réalisation d’une série de documentaires, portraits de travailleuses des couches populaires du pays et petits musées personnels de figures emblématiques de l’art haïtien comme Tiga, Cédor, Albert Mangonès, André Pierre, Patrick Vilaire, Marithou. À partir d’un texte de Gary Victor, il adapte en film la pièce satirique Piwouli et le zenglendo en 2001.
De nombreux vidéastes travaillent sur le terrain, soit comme producteurs, soit comme cameramen, soit comme monteurs. Quelques-uns travaillent aussi comme réalisateurs. Il faudrait citer parmi eux des noms comme; Mario Delatour, Jean Fabius, Richard J. Arens, Claude Mancuso, Jean-Pierre Grasset, Richard Sénécal, Rachel Magloire, Patrick Barthélémy, Karl Lafontant, Camille Moise dit Kharmeliaud et tant d’autres.
Ce que nous aurions pu faire
Au cours de ces années écoulées, il y a tellement de choses qu’on aurait pu faire s’il y avait une bonne volonté même après 1986. Si les cinéastes, les acteurs haïtiens de l’époque voulaient que le cinéma soit à la hauteur des exigences internationales. Et pourtant il n’y a pas eu d’école de cinéma, pas de formation continue, pas de patenenariat avec d’autres pays à travers le monde. Il n’y a pas vraiment eu d’effort de la part de nos concitoyens, le cinéma étant considéré a cette époque comme une profession exercée par la gens de bas niveau comme on le considérait a cette vers les années 90.
Il y a une faible préparation technique et artistique dans les milieux de la production et de la réalisation. La plupart des techniciens et des artistes, y compris les acteurs, se forment sur le tas. Ils sont obligés de s’attarder à résoudre des problèmes techniques, faute de formation, au lieu de s’occuper des problèmes de création. Le professionnalisme est donc quasiment absent. Il n’existe pas de préparation dans l’organisation économique de la production en Haïti. Il n’existe pas encore de législation sur le cinéma dans le pays. Et pour finir L’État ne manifeste jusqu’à présent aucun intérêt pour la production cinématographique.
Sources : Conjonction (1983)
Matériel pour une préhistoire du cinéma haïtien
Cinéma de l’Amérique latine. Par Guy Hennebel et de Alfonso Gumucio Dagrón (1981)
Carlens Laguerre Copyright © 2014 Mag Haiti

