Lancée en 2024, la sonde européenne PLATO devrait observer un million d’étoiles et pourrait détecter plusieurs milliers d’exoplanètes dont certaines de type terrestre et susceptibles d’abriter la vie.
© ESA–C. Carreau
L’agence spatiale européenne (ESA) a choisi mercredi 19 février de financer la mission PLATO (PLAnetary Transits and Oscillations of stars) qui devrait être lancée de Kourou en 2024. Durant sa mission principale de six années, PLATO scrutera près d’un million d’étoiles et elle devrait détecter plusieurs milliers d’exoplanètes, dont certaines pourraient être de type terrestre et seraient susceptibles d’abriter la vie.
« PLATO, avec sa capacité exceptionnelle à débusquer les systèmes semblables à notre couple Soleil-Terre, pourra tirer parti des avancées réalisées grâce à plusieurs autres missions européennes, notamment CoRot et Cheops » a expliqué Alvaro Giménez, Directeur Science et Exploration robotique à l’ESA, « ses découvertes nous aideront à comparer l’architecture de notre propre Système solaire à celle d’autres systèmes planétaires. »
Avec 34 instruments optiques de 120 mm de diamètre associés à autant de caméras CCD, PLATO sera à l’affût d’infimes variations de luminosité qui se produisent lorsqu’une exoplanète passe devant son étoile ; un million d’astres d’une magnitude comprise entre 4 et 16 seront observées. D’une durée de six années, la mission principale de PLATO devrait ainsi permettre la surveillance de près de 50 % de la sphère céleste. La masse, le rayon et l’âge de 85 000 étoiles seront en outre déterminés avec une très grande précision en mesurant leurs oscillations par des techniques d’astérosismologie.

Les instruments de la sonde PLATO surveilleront un million d’étoiles durant sa mission initiale de six années et ils mesureront avec une très grande précision les caractéristiques physiques de près de 85 000 de ces étoiles.
© MPS/ Mark A. Garlick
Une fois associées aux mesures de variations de vitesses radiales réalisées par de grands télescopes terrestres, les observations de PLATO devraient fournir des valeurs très précises de la masse et du rayon des exoplanètes découvertes. Leur densité pourra alors être déterminée, ce qui donnera une indication de leur composition et de leur nature. « PLATO sera capable de détecter des exoplanètes en orbite dans la zone d’habitabilité autour de leur étoile » indique Heike Rauer (German Aerospace Center), « c’est-à-dire des planètes à la surface desquelles de l’eau liquide peut être présente, et sur lesquelles la vie telle que nous la connaissons peut se développer. »
Pour bien comprendre les enjeux des observations de PLATO, je vous invite à lire l’article que je consacre à la notion de zone d’habitabilité et de planètes habitables.
PLATO s’intègre parfaitement dans le programme astronomique et spatial développé par l’ESA et par l’ESO (European Southern Observatory) puisque les données obtenues grâce à la mission Gaia, lancée par l’ESA en décembre dernier, aideront PLATO à découvrir les caractéristiques précises de milliers de systèmes exoplanétaires. Ceux-ci pourront ensuite faire l’objet d’observations minutieuses grâce au futur télescope E-ELT de 39 mètres de diamètre qui devrait entrer en service au début de la prochaine décennie.
PLATO devrait être lancée en 2024 par une fusée Soyouz, depuis le centre spatial de Kourou (Guyane française). Elle sera placée en orbite autour du point de Lagrange L2, à 1,5 million de kilomètres de la Terre à l’opposé du Soleil.
Source: lemonde.fr

