Ils sont des milliers de jeunes, chrétiens ou pas, qui profitent chaque année de la période carnavalesque pour aller faire du tourisme local. Voulant fuir les festivités des trois jours gras, ils organisent des camps ou retraites dans une zone éloignée de ces activités. Une occasion pour eux de fraterniser et de découvrir la beauté des sites touristiques du pays.
Tout le monde n’est pas tenu d’aller au carnaval. Certains quittent le pays pour revenir après les trois jours gras. D’autres se retirent dans une zone éloignée des festivités. Ils en profitent pour faire du tourisme local et fraterniser. Les associations de jeunes chrétiens organisent des camps ou des retraites pendant cette période. Chaque année, au cours de la période du carnaval, ils sont des milliers qui partent à la découverte des sites touristiques du pays. Même en ruine pour la plupart, ces sites touristiques ne cessent d’étonner les visiteurs haïtiens et étrangers. La magnificence de la citadelle Laferrière et du palais Sans- Souci dans le Nord, le département qui accueille le carnaval, n’est malheureusement pas la destination de cette année. Cependant, les touristes locaux vont profiter au maximum de la splendeur de Bassins-bleus dans le Sud-Est, de la beauté éblouissante des sables blancs et de l’eau cristalline de la plage Pointe-Sable à Port-Salut, les multiples chambres de la grotte Marie-Jeanne à Port-à-Piment et le fort Jacques dans l’Ouest, entre autres.
Pour l’un des organisateurs de « Retraite bénie », qui va se retirer pour la période carnavalesque à Cabaret dans le département de l’Ouest, il est dommage qu’on ne dispose pas encore de chiffres sur le nombre de jeunes qui se déplacent chaque année pour aller faire du tourisme local. « Mais c’est en moyenne 60 jeunes par église qui quittent la capitale pour un camp ou une retraite, a souligné Karl Foster Candio. Visitez Port-Salut pendant les jours gras et vous verrez le nombre de camps qui sont établis dans cette ville. Les locaux vous diront que c’est un grand nombre de visiteurs qu’ils reçoivent chaque année. » Selon lui, les autorités devraient encourager les jeunes à connaître mieux leur pays. « Une ONG, justement, a donné l’exemple dans le Sud. Cette organisation supporte financièrement un certain nombre de camps moyennant qu’elle ait une heure pour présenter un exposé sur la lutte contre le « restavèk ». Mais on peut aussi faciliter l’organisation des camps en mettant des moyens à la disposition des associations », a-t-il dit au Nouvelliste.
M. Candio en a profité pour établir une différence entre une retraite et un camp. « Un camp est plus social, culturel et comprendra plus de moments de divertissement dans sa programmation. La retraite invite à l’adoration, à la méditation et aux prières », a-t-il expliqué. Samuel Billy, président de l’Association culturelle des jeunes de l’Eglise baptiste de Safico (ACJECBS), campera cette année avec une cinquantaine de jeunes dans la commune de Marigot dans le département du Sud-Est. « Encore une fois, nous allons continuer à explorer les richesses du pays comme on le fait presque chaque année… », a-t-il dit, soulignant qu’il n’y a pas meilleur moment pour les jeunes pour faire du tourisme local. Le président de l’Association évangélique baptiste des jeunes chrétiens (AEBJC), Jean Daniel, abonde dans le même sens. A Cayes-Jacmel où il campera avec une soixantaine de jeunes, en plus de faire du tourisme, ce jeune leader profitera aussi pour faire de l’évangélisation avec son équipe. « ”Onction et évangélisation” est le thème retenu pour cette année. Ce sera aussi une occasion pour nous de débattre de plusieurs autres sujets », a-t-il dit au Nouvelliste.
Depuis plus de vingt ans, la Fédération des associations de jeunes de la Première église baptiste de Port-au-Prince (FAJPREB), qui regroupe plus de 70 associations de jeunes à travers le pays, se bat pour promouvoir le tourisme local et valoriser les sites touristiques. Chaque année, des centaines de jeunes membres de la FAJPREB, dont les deux associations citées plus haut, partent à la découverte des sites touristiques à travers le pays. Les dirigeants de cette fédération disent vouloir encourager le tourisme local et attirer l’attention des autorités sur le mauvais état de nos sites. Les autorités ne cessent de claironner qu’Haïti est ouverte aux visiteurs étrangers alors que les Haïtiens ne connaissent pas véritablement les potentialités touristiques du pays. Selon plus d’un, les associations de jeunes évangéliques devraient être encadrées dans leur travail de promouvoir le tourisme local.
Robenson Geffrard via le Nouvelliste

