La Fouine a été” victime d’une “tentative d’homicide volontaire” d’après l’enquête en cours suite à l’agression à l’arme à feu dont il été victime le 4 février. Pour certains, ça pue le buzz. Cardet donne son avis et ça fait mal.
Hier, lundi 4 février, La Fouine a fait le buzz bien malgré lui (ou pas ?). Le rappeur qui sortait ce jour-là son album Drôle de parcours a été victime d’une agression et s’est fait tirer dessus. Sa voiture a été atteinte de deux coups de feu, mais il n’y a pas eu de blessés. Les faits se sont déroulés à 5h du matin à Saint-Maur-des-Fossés dans le 94.
Contrairement à ce que nous annoncions, La Fouine n’aurait pas porté plainte mais une enquête a été ouverte pour “tentative d’homicide volontaire” par le service départemental de la police judiciaire du Val-de-Marne. Alors que La Fouine est en bisbilles avec Booba depuis des semaines, et que les deux rappeurs se clashent par morceaux interposés, difficile de ne pas voir là un relent de la guerre du rap qui se joue aux Etats-Unis.
Cardet, auteur du livre L’effroyable imposture du rap (en librairies le 21 février) et féru de musique rap qu’il a contribué à faire connaître dans les années 80, donne son avis sur les pseudos clashs qui secouent le milieu français actuellement et sur ladite agression de La Fouine.
Interviewé par Le Figaro, Cardet déclare d’abord à propos des brouilles entre rappeurs : “C’est une guerre inoffensive, une simple querelle de millionnaires.Rohff, Booba, La Fouine… Ils jouent tous à se «clasher» dans le seul but de vendre plus de disques. À part Rohff, qui peut avoir une vraie rivalité envers Booba à cause d’un projet commun avorté il y a une dizaine d’années, toutes ces histoires ne riment à rien. C’est de l’ordre du pathétique, le niveau zéro de l’écriture et de la musique.”
Selon Cardet, tout ne serait que business et marketing. Il explique : “Il ne faut pas oublier que les trois rappeurs vivent à Miami, qu’ils ont des équipes rodées pour gérer leur image et surtout qu’ils appartiennent aux plus gros labels de musique au monde: Universal, Warner et Sony. Tout cela est orchestré, ou du moins contrôlé par les maisons de disques dans l’unique but de rapporter de l’argent. Ça n’ira jamais trop loin.”
Pourtant il y a bel et bien eu agression et à l’arme à feu qui plus est. Sur ce sujet, Cardet a un avis bien trempé et ose déclarer à propos de l’agression de La Fouine : “Pour moi, c’est un «fake», un coup monté. Et la plupart dans le milieu du rap le pensent aussi. Laouni, connu comme La Fouine, a pris exemple sur les fausses agressions déjà utilisées aux États-Unis, notamment par Rick Ross, pour faire parler de lui. Cinq heures du matin, pas de témoin, pas de plainte, le jour de la sortie de son album, le lendemain de son dernier clash avec Booba… C’est un peu facile, non?“.
Pour Cardet, c’est simple, tout ce battage autour des rappeurs français qui se voueraient une haine demesurée n’est qu’une farce et le rap lui-même ne serait qu’un leurre. Il déclare : “Le rap est une grosse tartufferie. Chaque rappeur se sert des codes de la contestation des minorités pour son propre confort économique. Et tous ceux qui prétendent faire plus que de la musique sont des escrocs. Ils veulent que la situation évolue? Qu’ils se lancent en politique. Je reste convaincu que s’il n’y avait pas eu le rap, des choses bien se seraient passées dans les banlieues. Là, on ne fait que détourner les colères pour servir les labels.”
Avec Cardet, les choses sont dites et pour connaître sa fine analyse du rap, procurez-vous son livre L’effroyable imposture du rap. Quant à La Fouine, il devait se livrer à un chat avec les lecteurs du Parisien à la rédaction du journal située à Saint-Ouen, le 4 février (jour de son agression), mais celui-ci a été annulé pour des “raisons de sécurité”. La Fouine se terre-t-t-il dans sa tanière ?
Via staragora.com

