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« Pipi fò » : l’ultime test de virginité causant de gros dommages à des femmes en Haïti

Publié initialement le 18 avril 2024, nous avons modifié cet article le 28 octobre 2025 suite à une panne technique

Marie Mika Achille by Marie Mika Achille
April 18, 2024
in Enquête, Société
0
« Pipi fò » : l’ultime test de virginité causant de gros dommages à des femmes en Haïti

En Haïti, à une époque donnée et un peu moins de nos jours, le contrôle des faits et gestes des femmes et filles faisait partie du quotidien de leurs parents. Nombreuses sont les filles victimes de diverses pratiques de tests de virginité. Tate tifi, klete tifi et pipi fò sont des exemples de pratiques de tests de virginité auxquelles ces filles sont soumises. La dernière méthode consiste à contrôler le débit urinaire des filles en vue de s’assurer de leur virginité. À en croire les spécialistes et les victimes que MagHaïti a rencontrés, « Pipi fò » constitue une pratique dévastatrice à tous les niveaux.

Pourquoi une telle pratique ?

Julie, 24 ans, a été élevée dans une famille chrétienne qui comporte des parents soucieux des valeurs morales et des principes religieux. Victime d’une pratique assez répandue qui n’est autre que le test de virginité imposé par sa mère, son enfance a été un calvaire. « Je me cachais toujours pour ne pas faire pipi devant mes parents. La nuit, je préférais me déplacer jusqu’aux toilettes plutôt que de le faire dans la chambre en leur présence », ajoute-t-elle, d’une voix songeuse. Elle avoue qu’elle a perdu sa virginité quand elle avait 16 ou 17 ans. « J’ai souvent entendu dire que les parents peuvent savoir que leur fille n’est plus vierge juste en surveillant le débit de leur urine », raconte Julie.

« Pipi fò » est un test de virginité parmi tant d’autres qui fait beaucoup de dégâts dans les foyers. Comme le nom l’indique, c’est une pratique qui se concentre sur la manière dont la surveillée urine. Ce qui peut provoquer une peur constante chez elle, puisque le jugement du parent peut être catastrophique en cas de déshonneur. Si l’urine sort avec pression (pipi a sòti fò), cela signifie implicitement pour le parent que sa fille n’est plus vierge, dans un contexte familial où la virginité a une grande valeur.

Malgré tous les efforts et stratégies consentis pour contourner la situation, la mère de Julie la surveillait quand même, au point où elle la forçait à faire ses besoins en sa présence. En plus du débit urinaire qu’elle s’efforçait de gérer, elle n’avait pas le droit de péter simultanément qu’elle urinait. « Il m’arrive de ressentir le besoin de faire des pets pendant que j’urine, mais je me retiens parce que je dois [tout] surveiller, mon débit urinaire autant que mes pets », confie-t-elle sans langue de bois.

Mag Haiti · Test de virginité: intervention de Julie

Julie n’est pas la seule fille à subir ces pratiques rhétoriques. Elles sont plusieurs dizaines de femmes affirmant avoir été victimes de ce test de virginité imposé par leurs parents en milieu rural et urbain. Carline, étudiante en sciences administratives, a accepté de se confier à nous. Ce n’est pas seulement sa façon d’uriner que sa mère surveillait, mais elle demeure carrément sous son emprise. Bien qu’elle parle aujourd’hui de ces sujets avec langueur, avant elle n’osait pas de peur d’être réprimandée. D’ailleurs, c’est grâce à des amies qu’elle a appris des éléments de connaissances relatives à l’éducation sexuelle puisqu’elle n’en a point reçu de sa mère.

« Elle me surveillait constamment. Du moment que l’urine sort avec pression, elle me demande des comptes. À ce moment, je dois rentrer mon ventre afin que l’urine ne sorte pas fort et en abondance », avance Carline, 23 ans. Ce n’est pas tout. « En présence de ma mère, je dois uriner au compte-goutte. Parfois, cela me donne des douleurs à force de la retenir. Cependant, je suis obligée afin d’éviter les ouï-dire parce que cela suscite du stress, surtout en soirée quand on se lève pour aller faire pipi, on se voit obligée de surveiller », ajoute-t-elle de façon plutôt ironique, tout en mentionnant que même en l’absence de sa mère, elle reste sur ses gardes au cas où elle apparaîtrait dans les parages.

Toutefois, c’est avec un brin de tristesse dans la voix qu’elle nous confie qu’elle n’avait pas le droit de voir des garçons. Par conséquent, même à ses 23 ans, elle craint d’avouer à sa mère qu’elle a un copain et même qu’elle n’est plus vierge de peur d’être frappée.

Mag Haiti · L’ explication de Carline à propos de sa mère

Plus tard, comme mère de quatre filles, la maman de Carline a fini par briser la glace en leur faisant savoir ce qu’elle a vécu dès son adolescence. Pour elle, c’était le meilleur moyen de les protéger contre les dérives juvéniles en adoptant envers elles un comportement protecteur et un fort caractère. Pour Carline, ce qui la tracasse généralement, c’est qu’elle n’a jamais eu l’opportunité d’avoir l’oreille de sa mère ou de l’une de ses trois sœurs. Elle a dû consulter d’autres sources pour faire son éducation sexuelle.

Pourquoi la virginité est-elle si cruciale ?

Vêtue d’une robe bleue dans une modeste chambre qui constitue sa demeure, Célia, commerçante de renom dans les environs de Delmas, est mère de trois enfants, dont une fille. Pour elle, la virginité symbolise l’innocence d’une fille ou femme. En plus de l’aspect honorifique des familles, elle peut assurer un avenir meilleur pour la fille en question, voire faire jouir les siens des avantages qu’ils n’avaient jamais eus.

« Je considère la virginité de mon enfant comme étant un avenir garanti, vu que pour moi cela vaut de l’or en barre. Dans le temps, les parents mettaient toujours en garde leur fille, en leur racontant que leur virginité pouvait les aider à obtenir une maison, à monter dans un avion, voire à réaliser des choses qu’elles n’avaient jamais pu faire, avoue Célia. Elle souligne que cela aide aussi les parents financièrement. « C’est pourquoi les parents contrôlent leur fille à l’extrême, pour garantir que les hommes qu’elles vont rencontrer leur accordent de la valeur », dit-elle d’un ton sans réplique, reconnaissant également la différence existant entre la société d’avant et celle d’aujourd’hui.

Elle révèle que prendre la virginité d’une fille jadis était synonyme de deux M (mariage ou la mort) ou même le risque de rendre fou le garçon s’il n’assume pas ses responsabilités. Elle nous apprend que, dans sa jeunesse, la personne qui l’éduquait lui mettait des pressions pour savoir si elle était toujours vierge « tifi », en la menaçant de la doigter (tate l ak dwèt). Elle affirme qu’elle acceptait cette idée puisqu’elle était encore vierge en ce temps-là.

Parler de virginité, cela sous-entend pour la femme que l’hymen, une fine membrane séparant le vagin de la vulve, est toujours intact. Les raisons pour lesquelles les mères d’autrefois s’adonnaient à ces pratiques étaient principalement leur désir de se conformer à la société et aux règles religieuses, qui préconisent la préservation de l’honneur de leurs filles jusqu’à leur mariage. D’où l’importance de surveiller à tout prix leurs faits et gestes. Pourtant, ce qu’elles ignorent, c’est que toutes ces pratiques mettent en danger la santé mentale des victimes.

On a essayé de discuter avec plusieurs parents, ils étaient tous étonnés d’une telle discussion puisque d’habitude c’est un sujet tabou. Ainsi, Célia est la seule d’entre eux qui avait accepté de témoigner sans langue de bois à propos de sa fille âgée de 25 ans actuellement. La commerçante raconte qu’elle a peu rempli son rôle, puisque durant une courte période sa fille vivait chez son beau-père. La distance et le besoin de comprendre les rapports sexuels se sont révélés être des obstacles, surtout en raison de la perception différente de la défloration de nos jours.

Mag Haiti · Compréhension de Célia sur la virginité

Cependant, du point de vue médical, le gynécologue Vancol Augustin raconte que la virginité est importante parce qu’elle joue un rôle majeur dans la reproduction chez la femme. Selon lui, pour qu’il y ait reproduction, il faut impérativement avoir des rapports sexuels, ce qui occasionnera la défloration de l’hymen. Il rajoute que toutes les femmes ne sont pas sujettes à saignement lors de leur premier rapport sexuel parce qu’il existe plusieurs types d’hymen, dont un de type complaisant.

« C’est un organe féminin qui joue un rôle dans la reproduction. Pour qu’il y ait des enfants, il faut avoir des rapports sexuels, et pour cela on doit passer par l’hymen. Ainsi, un tel organe qu’on peut s’en servir pour donner la vie, c’est sûr qu’il a beaucoup d’importance et mérite d’être vu avec tout cet entrain », continue-t-il.

Mag Haiti · La virginité dans le monde médical

La virginité d’un homme est insignifiante puisque la société leur permet même d’être des polygames, tandis que pour une femme la virginité détermine sa valeur. C’est du moins l’avis de la sociologue de genre Kénise Phanord, dénonçant les deux poids de mesures qui ont libre cours dans la question. D’ailleurs, la société encourage les hommes à avoir plusieurs partenaires sexuels au point de les considérer comme des coqs.

« C’est ce qui les rend virils. Cependant, la virginité c’est la façon dont on mesure la valeur corporelle des femmes et des filles. « On considère aussi une jeune fille vierge comme étant une femme pure ou qui a plus de valeur, parfois c’est même une condition pour les marier », nous confia-t-elle. Elle souligna toutefois que, vu l’évolution de nos jours, la virginité ne pèse plus comme avant. Toutefois, la sociologue met un petit bémol en avançant que l’innocence d’une femme reste un élément primordial dans la culture du pays. Ce qui explique que certains la prennent comme une valeur essentiellement incontournable.

Suivant une enquête ethnographique réalisée par Rémy Bastian dans la zone de Marbial, une localité de Jacmel, dans le département du Sud-Est en 1980, il avait remarqué que la virginité constitue une étape de validation pour un mariage. De plus, c’est l’honneur de toute la famille (du côté des femmes) qui était en jeu.

« Après le mariage, la mère avait l’habitude de rester derrière la porte nuptiale afin de récupérer les draps tachés de sang, pour prouver que sa fille était vierge. Dans le cas contraire, le mari envoyait à la famille soit une bouteille de cola à demi-mesure ou une poule (manman poulèt). Après cette étape, il pouvait même procéder à l’annulation du mariage », raconte Mme Phanord.

Elle fait référence à un travail juridique du nom « la Place de la coutume dans l’ordre juridique haïtien », dans lequel les auteurs montrent que certains hommes prenaient la non-virginité comme prétexte pour expliquer leur divorce. D’après la sociologue qui est également militante féministe, on nommait cet agissement « joure grav piblik ».

Le test d’urine, un mythe ou une réalité sociale ?

Pour la sociologue Kénise Phanord, cette pratique-là existe bel et bien et elle est liée à une inégalité existant entre l’homme et la femme dans notre société où l’on considère la femme comme étant un objet de plaisir. La virginité est gravée dans l’imaginaire social et dicte les normes, les comportements ainsi que les activités sexuelles de la femme. Elle est issue de la perception qui fait de la femme un objet et qu’elle se trouve dans une position passive, souligne-t-elle.

« La société confond la sexualité avec la moralité, les règles sur le corps de la femme et son expérience sexuelle. C’est un ensemble de discours véhiculés surtout dans les proverbes encouragés par les institutions traditionnelles (familles et églises) qui supportent l’inégalité des sexes et font même respecter des restrictions qu’ils imposent », explique la sociologue tout en rappelant que le fait de tester la virginité n’a aucun fondement biologique ou médical.

D’après le gynécologue obstétricien Vancol Augustin sur le plan médical, on ne peut directement attribuer le débit urinaire à la virginité d’une femme/fille. La puissance avec laquelle l’urine (jet urinaire) sort du vagin dépend de plusieurs facteurs tels que la pression que ça fait sur l’urètre, et surtout la longueur du diamètre du canal urétrale, d’une bonne santé du muscle au niveau de la vessie et aussi de l’âge de la femme en question. Tant que la femme est âgée tant qu’il est probable pour qu’elle ait une faiblesse au niveau de l’urine.

« On ne pourrait totalement attribuer la puissance de l’urine à la virginité de la femme, mais au Moyen Âge on remarquait que lorsque la femme urinait avec un fort débit, on le voyait ou même l’attribuait à la virginité », estime le gynécologue. Il prend, en exemple, le cas d’une personne qui n’a pas encore eu de rapport sexuel, normalement son urine coule plus faible. Parce que l’hymen, c’est un tissu qui empêche que l’urine sorte avec puissance. Donc, ça allait plutôt empêcher que l’urine sorte avec puissance. « En d’autres termes, c’est pour dire que la virginité n’a pas vraiment un rapport avec la puissance que peut avoir l’urine », explique Augustin tout en mentionnant que c’est un test qui se répète assez souvent dans la coutume haïtienne.

D’après les dires du gynécologue, ce phénomène est plutôt lié à une bonne santé de l’appareil génital urinaire. Même si la femme n’est pas vierge, elle peut toujours uriner avec puissance. Parce que, c’est une bonne santé du muscle détrusor et la normalité de l’urètre avec une bonne longueur de diamètre sans épaississement qui traduit que cette personne-là, le plus souvent à un fort débit urinaire, laisse-t-il entendre.

Pour celles qui pensent qu’elles peuvent regagner leur virginité, l’obstétricien nous fait clairement savoir qu’il n’y a pas moyen. « La virginité, ça ne se perd qu’une seule fois, mais nous pouvons dire de préférence qu’il existe des procédures médicales qui peuvent permettre à une femme de regagner son hymen », dit-il. Il y en a deux : l’hyménorraphie et l’hyménoplastie. L’hyménorraphie, c’est la reconstruction partielle de l’hymen. L’hyménoplastie est une reconstruction définitive de l’hymen jusqu’à un autre rapport sexuel.

Mag Haiti · Avis d’un gynécologue

Célia, qui a traversé plusieurs générations, continue de croire fermement que dès que la fille a un fort débit urinaire, cela traduit explicitement qu’elle n’est plus innocente donc plus vierge. « Il n’y a peut-être pas de lien, mais une fois que l’enfant n’est plus vierge, sa façon d’uriner change immédiatement. La différence, c’est que quand elle fait pipi et qu’elle est encore “tifi”, l’urine sort comme lorsque l’eau sort à peine d’un robinet. Dans le cas contraire, l’urine sort sans retenue. »

En plus du test d’urine, elle ajoute qu’il y a également certains parents qui s’adonnent à des pratiques mystiques pour y parvenir. Appelé en créole « senp », qui se réalise avec du citron vert. Les parents placent un citron généralement au milieu de l’entrée de la maison « nan mitan papòt kay la » sans que l’enfant le sache. Une fois enjambé, si elle n’est plus vierge, le citron vert ne prendra pas plus de deux jours pour changer de couleur, donc pour murir. Si la fille est toujours vierge, le fruit en question gardera sa couleur même quand elle l’a enjambé.

Mag Haiti · Test de virginité: la révélation de Célia

Mag Haiti · Célia donne la signification du mot pour les jeunes

Des impacts dévastateurs sur les victimes

Cette situation entraîne des impacts physiologiques et psychologiques catastrophiques chez les victimes. « C’est une situation qui m’était très traumatisante. Je n’étais même pas encore entrée dans des relations sexuelles que je me surveillais déjà. Dès la perte de ma virginité, mon inquiétude s’est accrue », confie Julie qui avoue qu’elle est restée traumatisée sans trop s’adonner à de multiples rapports sexuels.

De plus, la victime nous raconte que sa mère ne voulait pas que son père fasse son éducation sexuelle. « Je n’avais pas le droit de me tenir près des jeunes qui discutaient. Même discuter au téléphone avec un garçon était considéré comme un irrespect pour elle. Je ne pouvais pas sortir, encore moins fêter. J’étais confinée dans tous les sens », nous raconte-t-elle. Après la perte de son innocence, en l’occurrence, sa virginité, elle devrait faire tout son possible pour rester normale. Comme se doucher nue sans se cacher, marcher avec les pieds fermés, bosser dur à l’école, rester indifférente aux garçons. « Tout ça pour ne pas éveiller de soupçon », lance-t-elle.

Pour Carline, même après ses 23 ans, l’attitude d’avant de sa mère provoque une peur grandissante chez elle dès qu’on parle de sexe. « Même à présent, j’ai toujours cette peur. Ainsi, je n’ai jamais abordé ces sujets avec elle. Pour la perte de ma virginité, je pense à l’informer, mais pas pour l’instant. Je crains toujours sa réaction malgré le fait qu’elle sait que j’ai un copain. »

Sur ce point, le psychologue Roode Rémilien admet que de telles situations peuvent mettre de la pression psychologique sur la victime. « Dans la réalité familiale, lorsque l’enfant entre dans des rapports sexuels avant le mariage, c’est comme déshonorer sa famille. De ce fait, les parents se sentent obligés de veiller à ce que leur enfant respecte les normes sociales. Veiller et même vérifier si son enfant est vierge est tout à fait normal pour eux », souligne-t-il. Réagir de la sorte, c’est mettre de la pression sur l’enfant. Ce qui peut attaquer sa propre perception des choses. Si l’enfant sent qu’il ne respecte pas les normes établies, il peut développer une honte et peut se considérer comme mort, dénonce-t-il, fustigeant ces pratiques.

Ces actes peuvent affecter la relation que la victime entreprend avec les autres. Ce qui représente, selon Rémilien, une sorte d’emprisonnement émotionnel. En outre, si c’est la fille/femme qui a érigé ses propres barrières, il n’y aurait aucun problème. Mais, si c’est un parent qui le fait, cela pourrait même développer certaines séquelles psychologiques, pendant et après ces périodes de surveillance, précise-t-il. Il s’agit bien des troubles d’anxiété, des troubles d’alimentation, dépression, crise identitaire, complexe d’infériorité par rapport aux autres filles vierges (si la fille a perdu la sienne) et diminution de la confiance en soi voire de l’estime de soi.

Mag Haiti · Avis d’un sociologue

À force de craindre d’uriner en présence de ses parents, la personne en question peut développer des maladies comme la rétention urinaire, la cystite, si l’action se répète continuellement, avertit le médecin Vancol Augustin de son côté, qui mentionne également que « il n’y a pas trop à craindre » puisqu’il estime que la femme/fille ne va pas se retenir tout le temps.

Que faire ?

Le psychologue est du même avis que le médecin obstétricien qui conseille à n’importe quelle fille qui subit ce genre de pratiques de prendre le chemin du dialogue avec leurs parents. Du côté des parents, il est nécessaire qu’ils cherchent l’amitié de leur enfant tout en faisant leur éducation sexuelle plutôt que de les mettre sous pression en mettant en péril leur bien-être. Le médecin Vancol Augustin estime qu’il est anormal de faire subir ces genres de surveillance [aux femmes/filles]. Il y a des parents beaucoup plus stricts, mais le plus souvent ces méthodes n’apportent pas réellement le résultat escompté, nuance-t-il par la suite. « L’une des solutions que je propose toujours, c’est le dialogue avec l’enfant, développer une amitié afin de l’inciter à vous avouer la vérité. Dans le cas contraire, en cas de doutes, vous pouvez entamer d’autres démarches comme aller à l’hôpital pour procéder à un examen d’évaluation. »

Julie, de son humble avis, pense que la meilleure façon d’éduquer son enfant n’est pas de lui cacher les choses essentielles à savoir. Elle pense que si la nature lui donne une fille à l’avenir, elle fera le contraire de ce qu’elle a reçu. « Je ne vais rien cacher à ma fille, mais je m’assurerai de bien faire son éducation sexuelle. Je serai extravertie et de cette manière elle va être en mesure de savoir ce qui sera bon ou non pour elle, sans pour autant me craindre comme figure maternelle », soutient Julie.

À ce stade, la féministe Kénise Phanord affirme qu’il serait préférable de commencer à déconstruire ces idées. Parce que pour elle, c’est quelque chose qui provoque la honte et la culpabilité chez les femmes/filles à l’exception de celles qui choisissent de pratiquer la chasteté de plein gré. « L’éducation sexuelle doit être concentrée sur la déconstruction de ce mythe populaire », croit la sociologue très critique par rapport à ces genres de pratiques.

« Il est essentiel d’accepter que la virginité soit un concept subjectif. La valeur d’une personne ne se détermine pas avec son expérience sexuelle ou son manque d’expérience, mais plutôt avec sa personnalité, ses valeurs propres et ses actions. Cette déconstruction doit toucher les différents espaces sociaux comme la famille, l’école et l’église », conclut-elle.

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Rédactrice professionnelle et journaliste sportive depuis plus de 3 ans, Marie Mika Achille accompagne les victimes et les artistes dans la création de contenus puissants, authentiques et engageants. Spécialisée en enquête, narration et analyse sportive, elle transforme les idées et les faits en textes qui captivent, informent et suscitent l’action. Son expertise couvre la rédaction web SEO, les articles de blog, le contenu marketing, le storytelling ainsi que le journalisme sportif (reportages, interviews, analyses). Passionnée par les mots et le sport, elle met son savoir-faire au service de projets porteurs de sens, de vérité et d’impact.

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