Le Kolektif Fotograf Ayisyen (KFAY) a réalisé la deuxième édition de son festival baptisé Imayiti FestiFoto à Port‑au‑Prince. Du 15 au 23 août 2026, la commune de Pétion‑Ville a été le théâtre de l’art visuel, où exposants et adeptes de la photographie se sont réunis pour célébrer leur art. Le responsable du Kolektif, Carlin Trezil, raconte à Mag Haiti les coulisses de ce qui motive la réalisation de cet événement.
« La photographie est d’abord un outil d’archive et de mémoire. Avec elle, on peut revivre le passé », a souligné d’entrée de jeu Trezil. Il explique que l’organisation de ce festival a pour objectif de présenter une autre image d’Haïti à travers les créations des photographes, en mettant en lumière ses paysages, son patrimoine et ses réalités.

Le festival représente également un rendez‑vous important pour les professionnels de la photographie, car ces rencontres leur permettent de partager leurs expériences, de créer des connexions et de présenter leur travail directement au public. Pour les organisateurs, il s’agit aussi d’un espace de dialogue, dans un secteur où les occasions de visibilité demeurent limitées.
Cette année, l’événement s’est déroulé sous le thème : « La photographie haïtienne au cœur de la mémoire, de la création et du développement ». Ce choix repose sur la volonté de rappeler la fonction documentaire de la photographie. « Au‑delà de l’esthétique, l’image constitue un moyen de conserver des traces, de transmettre une mémoire et de permettre aux générations futures de revisiter une époque », souligne Trezil.
Il défend également une meilleure reconnaissance du secteur dans les politiques de développement, considérant la photographie comme un outil susceptible de contribuer à la promotion touristique d’Haïti, en permettant au pays de montrer son patrimoine et ses différentes facettes au‑delà de ses frontières. Les organisateurs regrettent toutefois le faible soutien des autorités publiques. « Il n’y a pas de développement sans photographie, il n’y a pas de développement sans art », affirme Carlin Trezil.
Le lancement des activités a eu lieu le 15 août à Aïoli Restaurant, à Pétion‑Ville. Elles se sont poursuivies notamment à la Bibliothèque Michèle Tardieu, avant de prendre fin le 23 août sur la place Boyer, à Port‑au‑Prince. En prélude, des expositions, conférences, formations et rencontres autour de la photographie avaient eu lieu en juillet.
La deuxième édition d’Imayiti FestiFoto a réuni 21 photographes venus de différentes régions d’Haïti. Parmi eux figuraient Phara Étienne, avec sa série « Pasaj », et Karl Emeric Churchill Cajuste, qui a mis Petit‑Goâve à l’honneur à travers « Graten dous makos ». Le photographe canadien Maxence Bradley était l’invité d’honneur de cette édition.
Lors de la cérémonie de clôture, le 23 août à la place Boyer, plusieurs œuvres photographiques ont été exposées au public, mettant en avant différents regards sur la société et le patrimoine haïtiens. Des personnalités publiques et des artistes, dont Toni Touchet et Welele Doubout, ont honoré l’activité de leur présence.

Carlin Trezil a lancé un message aux jeunes intéressés par cette profession : « Apprenez‑la parce que vous l’aimez, pas parce que vous êtes dans le besoin. La photographie est un métier artistique qui nécessite de l’apprentissage et de la rigueur. »
Avec cette deuxième édition, Imayiti FestiFoto confirme sa volonté de faire de la photographie un espace de création, de transmission et de valorisation du patrimoine haïtien.
Le Kolektif Fotograf Ayisyen (KFAY) est une organisation culturelle et artistique fondée le 17 octobre 2024 par le photographe haïtien Carlin Trezil. La plateforme accompagne les photographes et les professionnels de l’image à travers des initiatives axées sur la formation, la diffusion, les échanges et le renforcement des compétences, afin de contribuer à une meilleure reconnaissance de la photographie haïtienne en Haïti et à l’international.
Louis Souze Kaïna
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