Lors de sa récente prestation au Centre Bell de Montréal, le 24 octobre 2026, la chanteuse française Aya Nakamura a suscité une vive attention sur les réseaux sociaux. En cause : une version acoustique de son titre « J’ai mal », dont l’introduction instrumentale présente, selon de nombreux auditeurs, de frappantes similitudes avec « Se Pa Pou Dat », l’un des classiques du chanteur haïtien Alan Cavé.
C’est principalement la ligne mélodique d’ouverture qui retient l’attention. Pour plusieurs mélomanes et membres de la diaspora haïtienne, les sonorités rappellent directement l’univers du konpa et le répertoire d’Alan Cavé, soulevant des interrogations sur les références musicales de l’artiste française.
Au-delà de la simple comparaison, cette séquence relance un débat récurrent : celui de la reconnaissance et de la valorisation des œuvres caribéennes lorsqu’elles inspirent des productions internationales. Si certains internautes estiment qu’un hommage ou un crédit explicite aurait dû accompagner cette prestation, d’autres appellent à la nuance, rappelant qu’une proximité mélodique ou harmonique ne constitue pas à elle seule une reprise non créditée.
À ce stade, aucune conclusion formelle ne peut être tirée sans une analyse musicologique approfondie ou des précisions sur les crédits d’arrangement. La controverse illustre néanmoins la sensibilité du public quant à la visibilité des classiques haïtiens dans le paysage musical francophone.
Cet épisode intervient alors qu’Alan Cavé est attendu en concert le 8 novembre prochain à la Place Bell, à Laval. L’occasion pour le public de retrouver sur scène le répertoire original de l’artiste, tandis que la polémique actuelle témoigne de la place centrale de la musique haïtienne dans les dynamiques culturelles contemporaines.
Louis Souze Kaïna
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