Port-au-Prince, samedi 1ᵉʳ août 2026 — La situation des Haïtiens se détériore dans la République voisine depuis plusieurs années. La majorité des migrants vivent dans l’illégalité, conséquence d’une politique dominicaine qui ne délivre plus ni visas ni titres de séjour. Sur ce territoire, une véritable chasse à l’homme s’exerce quotidiennement contre les sans‑papiers haïtiens, expulsés vers la frontière. Le gouvernement dominicain invoque sa souveraineté et son droit de contrôler son territoire, mais ces opérations s’inscrivent dans un contexte de discrimination raciale et de mépris de la dignité humaine.
Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), entre 500 000 et 1 000 000 d’Haïtiens vivent actuellement en République dominicaine. Pourtant, la Direction générale de la migration dominicaine ne recensait que 31 000 résidents légaux en 2022. Les autres survivent dans l’irrégularité, préférant l’exil à la cohabitation avec les gangs armés en Haïti.
Depuis plusieurs années, nous observons le mode opératoire des agents dominicains à travers les images diffusées sur les réseaux sociaux et les réactions des autorités locales, de l’ONU, des organisations de défense des droits humains et de la presse. Le constat est alarmant : la passivité des acteurs clés face à une crise humanitaire flagrante.
Deux vidéos ont particulièrement marqué l’opinion. Dans la première, quatre agents de l’immigration traînent le corps d’une jeune femme vers un pick‑up. Son état reste inconnu, mais le témoin qui filmait accuse les policiers de l’avoir tuée. Dans la seconde, un migrant haïtien est ligoté à l’arrière d’une motocyclette, tel du bétail. Les autorités dominicaines ont justifié l’intervention par un présumé vol et une arrestation violente, annonçant l’ouverture d’une enquête interne. Mais l’image demeure cruelle, déshumanisante et raciste.
Face à ces abus, le gouvernement haïtien garde le silence. Ni déclaration officielle ni note diplomatique n’ont été publiées. Trop occupés à consolider leur pouvoir par des accords avec les États‑Unis, à mettre l’aéroport Toussaint Louverture au service de l’armée américaine, à négocier avec les gangs ou à voyager aux frais des contribuables, nos dirigeants négligent la défense de leurs compatriotes.
Comment exiger du respect quand votre propre gouvernement ne vous respecte pas ? Que fait le consulat haïtien en République dominicaine ? Malgré les violations répétées, la ministre des Affaires étrangères, Raina Forbin, reste muette. On se souvient pourtant de Dominique Dupuy ou de Claude Joseph, qui, en période de crise, auraient au moins exigé des comptes et mobilisé la communauté internationale.
Les relations haïtiano‑dominicaines sont historiquement délicates. Aujourd’hui, les Dominicains se montrent plus agressifs, persuadés de subir une invasion subtile. Si le gouvernement dominicain veut réellement sécuriser son territoire, il doit reprendre l’octroi de visas et régulariser les professionnels haïtiens, en exigeant casier judiciaire et empreintes, comme le font les autres pays. Car les déplacements non autorisés existent des deux côtés de la frontière.
Pour les Haïtiens qui espèrent un changement d’attitude, il faut comprendre que ce dépassement n’est pas imminent. La haine est alimentée par les politiciens, et une partie de la population se croit supérieure aux Haïtiens, perçus comme « race noire ».
Nous n’avons rien à exiger de notre voisin, sinon le respect de la dignité humaine. Nous demandons seulement qu’il cesse de traiter nos compatriotes comme du bétail. Nous ne sommes plus à l’ère de la traite négrière : jamais plus de relation maître‑esclave avec aucune nation. Aujourd’hui plus que jamais, les Haïtiens doivent s’unir pour reconstruire Haïti et défendre leurs droits partout dans le monde.
Yon jou la jou !
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