« Aujourd’hui, nous devons tous comprendre et considérer le cancer comme une urgence nationale », déclare Sherlyne Charles. Elle rappelle qu’alors que certains pays étrangers trouvent des solutions contre le cancer du col de l’utérus, Haïti ne dispose même pas d’un centre de radiothérapie.
Face au nombre croissant de cas de cancer révélés chaque jour, l’équipe de Mag Haiti s’est intéressée au Groupe de Support contre le Cancer (GSCC) afin de mieux comprendre sa mission en Haïti. D’entrée de jeu, l’administratrice Sherlyne Charles affirme que le cancer constitue bel et bien une urgence nationale. Pourtant, malgré cette réalité, elle souligne que la situation reste critique, d’où l’importance du rôle du GSCC au sein de la communauté haïtienne.
« Aujourd’hui, nous devons tous comprendre et considérer le cancer comme une urgence nationale », déclare Sherlyne Charles. Elle rappelle qu’alors que certains pays étrangers trouvent des solutions contre le cancer du col de l’utérus, Haïti ne dispose même pas d’un centre de radiothérapie.

Coût du traitement exorbitant
Le coût du traitement varie selon le type et le stade du cancer. Toutefois, Sherlyne Charles révèle qu’il faut compter en moyenne plus de 20 000 dollars américains par patient. Ce montant ne prend pas en compte les dépenses ultérieures liées à la maladie. « On ne peut réellement évaluer le coût global du traitement, car si l’on considère les pré-tests, les traitements, les évaluations jusqu’à la rémission, cela peut dépasser un million de dollars américains », explique-t-elle. En Haïti, la situation est particulièrement difficile.
Fondé en 1999 par Marie Louise Backer, le GSCC a pour mission de former, informer, sensibiliser, dépister et accompagner les personnes atteintes de cancer. « Nous aidons tous les Haïtiens, à condition qu’ils disposent d’un diagnostic prouvant la maladie », précise Charles. L’organisation accueille hommes et femmes, quel que soit le type de cancer. Le nombre de patients augmente chaque année, avec une prédominance des cas de cancer du sein, suivis du cancer du col de l’utérus, du sang, de la peau, de la gorge, et même un cas rare de cancer du placenta, survenant après une grossesse.
Les étapes d’accompagnement
Pour accompagner une personne atteinte de cancer, le GSCC exige d’abord une biopsie. Ensuite, l’équipe propose un soutien psychologique afin d’aider le patient à surmonter cette période et à accepter les changements corporels. Un accompagnement nutritionnel et financier est également prévu, bien que le volet financier reste un lourd fardeau pour l’organisation, faute de soutien suffisant. Sherlyne Charles appelle donc la communauté haïtienne à contribuer pour préserver cette institution, véritable patrimoine.
« La négligence des patients est un facteur clé de récidive. Certains arrêtent leur traitement parce qu’ils se sentent mieux », explique-t-elle. Or, seul le médecin traitant peut déclarer une rémission. Pour éviter une rechute, il est essentiel de suivre scrupuleusement le protocole médical. La rémission ne peut être confirmée qu’entre 7 et 10 ans après avoir suivi tous les traitements et examens de contrôle.
Comment aider le GSCC
Toute personne ou institution souhaitant soutenir le GSCC peut s’inscrire comme membre et s’engager à contribuer régulièrement, mensuellement ou annuellement. À défaut, il est possible de faire un don. « Nous n’avons fixé aucun tarif. Chacun peut donner la somme qu’il souhaite. Nous garantissons que cet argent sera bien utilisé et vous pourrez le constater par vous-mêmes », rassure Sherlyne Charles.
Enfin, face à la multiplication des cas de cancer, elle conseille aux jeunes femmes d’apprendre à connaître leur corps. « Dès qu’il y a un changement, il faut consulter un médecin sans perdre de temps », insiste-t-elle.
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