Le refus ce mercredi du directeur général de la PNH, Godson Orélus de répondre, une nouvelle fois, à une invitation du Sénat a suscité une vague d’indignation au grand corps. Certains parlementaires parlent d’une déclaration de guerre de l’Exécutif contre l’assemblée parlementaire.
Le président de la commission justice et sécurité du Sénat, Pierre Francky Exius (opposition), affirme que, par son attitude, le chef de la PNH montre qu’il a déjà oublié que c’est le Sénat qui avait ratifié son choix à la tête de l’institution policière et qu’il a des comptes à lui rendre.
Le parlementaire lui rappelle que le sénat peut toujours adopter en assemblée, une résolution pour condamner son attitude envers les pères-conscrits. (Une telle décision pourrait être difficile, en raison du fait que plusieurs sénateurs sont aujourd’hui plus proches de l’Exécutif que de leur propre assemblée)
Quoi qu’il en soit, l’élu du sud informe qu’il va consulter ses collègues autour de l’éventualité d’envoyer une nouvelle invitation au DG de la PNH pour le mercredi 19 novembre prochain.
Pour sa part, le premier secrétaire du bureau du grand corps, le sénateur Steven Benoit, estime que le directeur général de l’institution policière a clairement montré qu’il n’a d’ordre à recevoir que du chef de l’exécutif Michel Martelly et du ministre de la justice, Jean Renel Sanon qui lui auraient ordonné de ne pas se présenter au Sénat.
D’ailleurs, fait remarquer Steven Benoit, M. Orélus, n’ayant aucun motif valable, n’a même pas été en mesure d’écrire ou d’appeler les sénateurs pour leur annoncer qu’il ne viendrait pas au Sénat.
Cela, poursuit-il, s’apparente à une déclaration de guerre que l’exécutif a lancée au Senat parce que celui-ci échappe à son contrôle.
Son collègue Jean-Baptiste Bien-Aimé est lui aussi très remonté contre le chef de la police nationale.
Il croit lui aussi que l’attitude honteuse du chef de la police participe du plan du gouvernement visant à réinstaurer la dictature dans le pays.
Le sénateur François Annick Joseph, abonde également dans le sens d’une déclaration de guerre de l’Exécutif au parlement.
Nous prenons acte de cette déclaration de guerre et nous acceptons la guerre, affirme l’élu de l’Artibonite qui dit croire que Godson Orélus a choisi son camp, celui des fossoyeurs de la nation.
Godson Orélus était attendu au Sénat de la république pour entre autres faire le point sur le fonctionnement de l’institution policière, l’augmentation des actes d’insécurité dans le pays et surtout le comportement violent des agents lors des manifestations de l’opposition.
Convoqué la semaine dernière après avoir boudé une première invitation, il s’était rendu au Sénat pour annoncer aux parlementaires qu’il n’était pas disponible à cause de son état de santé.
S’il avait sollicité un report de 15 jours, il s’était quand même entretenu avec des sénateurs pendant plus d’une heure d’horloge et avait essuyé de vives critiques de la part du sénateur du nord, Moïse Jean-Charles, qui lui était tombé en syncope après avoir inhalé gaz lacrymogène, lors d’une manifestation de l’opposition, dispersée brutalement par les forces de l’ordre le 17 octobre dernier à Port-au-Prince.
Le chef de la police avait récemment été l’objet de vives critiques après avoir, comme de nombreux autres proches et officiels du gouvernement, endossé un t-shirt aux couleurs du secteur au pouvoir, lors d’une édition du programme ” gouvènman an lakay ou” qui s’était tenue à Miami.
Caraibes FM

