Quarante-huit heures après son enlèvement aux Gonaïves, le cadavre du jeune Juvenson Gédéon a été découvert mercredi soir, sur un tas d’immondices. La victime avait été enlevée lundi par des ravisseurs à Biennac 16 (nord de la cité de l’indépendance).
« On a remarqué des chiens qui dévoraient quelque chose dans les détritus. On s’est approché pour voir de quoi il en est. C’est ainsi qu’on s’est rendu compte qu’il s’agissait d’un corps humain. On a établi des contacts. Ses parents sont venus et l’ont identifié au moyen de ses vêtements », a relaté un riverain.
Des personnes non identifiées avaient enlevé le garçonnet Juvenson Gédéon en pleine journée. Pour le libérer, ils avaient réclamé des parents 400 000 gourdes et un surplus de 3 000 dollars américains. Cette rançon devrait être payée dans la soirée du mardi, à 8h au plus tard, avaient-ils indiqué dans un texto envoyé à la famille.
Les parents n’étaient pas en mesure de payer cette rançon. En conséquence, l’enfant a été torturé par les ravisseurs avant d’être tué. Son cadavre a été retrouvé dans un sac, aux environs du toit familial. Il avait une corde autour du cou et un sachet noir à la tête.
« La corde serrait fortement son cou. Sa langue est sortie de sa bouche. Des chiens commençaient à dépecer son corps », a expliqué l’un des proches de la victime. « Les autorités policières ont été rapidement avisées de cette disparition et de ce message téléphonique », a-t-il poursuivi.
Les bandits ont promis aux parents de la victime de récidiver.
Juvenson Gédéon vient de passer l’examen de la 6e année fondamentale. Il s’était fait inscrire au Lycée Fabre Nicolas Geffrard des Gonaïves pour ses études secondaires.
Le juge titulaire du tribunal de paix de la section nord des Gonaïves, Me Louidor Louima, a fait savoir que Juvenson a été enlevé chez son père. Selon son constat, l’enfant a subi de nombreux sévices.
« Nous sommes sur la scène du crime en compagnie du service d’investigation du commissariat de police. Nous avons tout vu. Nous allons tout mettre en branle pour que la lumière soit faite sur cette affaire. Pour l’instant, pour ne pas entraver l’enquête, nous ne voulons pas faire de commentaire », a déclaré le juge de paix.
Par ailleurs, Prophète Julien, un résident de Parc-Vincent (quartier populaire des Gonaïves), a été retrouvé mort dans la localité de Mapou Lagon (1re section communale de L’Estère), à environ 17 km de la cité de l’indépendance.
Il a été abattu de plusieurs balles à la tête. La camionnette qu’il pilotait a été emportée par les assassins.
Le Nouvelliste

